Voici ce que j’ai pour vous cette semaine :
TRUMP APPLIQUE DES DROITS DE DOUANE AU MEXIQUE, AU CANADA ET À LA CHINE
“Il n’y a plus de marge de manœuvre pour le Mexique et le Canada. Les droits de douane sont un fait”. Ce sont les mots de Donald Trump qui passe à l’acte au sujet des droits de douane appliqués au Mexique et au Canada. Dès ce mardi, des tarifs de 25% sont appliqués à l’ensemble des importations canadiennes et mexicaines, à l'exception des produits énergétiques canadiens qui sont taxés à 10 %. Au total, 918 milliards de dollars de produits provenant des deux voisins des États-Unis pourraient être concernés, avec donc une hausse attendue des prix aux États-Unis sur les produits concernés. Pour rappel, Trump reproche au Canada, au Mexique et à la Chine de ne pas lutter suffisamment contre le trafic de fentanyl, une drogue aux effets dévastateurs aux États-Unis. De son côté, le Canada prévoit de riposter en instaurant des droits de douane de 25 % sur certains produits américains, pour un montant total de 155 milliards de dollars canadiens. Le gouvernement Mexicain dit de son côté avoir prévu plusieurs plans pour contrer ces nouvelles taxes. La Chine n'est pas épargnée, puisqu'elle verra ses droits de douane augmenter de 10 points supplémentaires, passant ainsi à 20 %. Pékin a d’ores et déjà annoncé une riposte avec des droits de douanes appliqués aux importations américaines de 15% sur le poulet, blé, maïs et le coton. D’autres produits comme le soja, le porc, le bœuf, les produits de la mer, les fruits, les légumes et les produits laitiers feront l’objet d’une taxe supplémentaire de 10 %. Si pour de nombreux experts la guerre des prix va pousser les habitants de ces pays à consommer plus local, cela va aussi très probablement engendrer une hausse des prix et un ralentissement de la croissance économique.
ELON MUSK A PERDU 135 MILLIARDS DE DOLLARS
Depuis le 17 décembre dernier, le patron de Tesla a vu son patrimoine passer de 486 milliards à 351 milliards de dollars, et sa fortune a fondu de 81 milliards depuis le début de l’année. Ce déclin s’explique avant tout par la chute de Tesla en Bourse, avec une baisse de quasiment 30 % depuis le début de l’année, faisant passer la capitalisation de l’entreprise sous la barre des 900 milliards de dollars. Cette baisse de Tesla s’explique par plusieurs facteurs : la marque souffre de ventes décevantes en Europe avec une baisse du nombre d’immatriculation de 45,2% en janvier, de l’arrivée massive de constructeurs chinois comme MG Motor ou BYD, mais aussi du soutien de Musk au parti d’extrême droite allemand (AdD) pour les élections législatives en Allemagne, un virage politique qui a donné envie à de nombreux propriétaires de Tesla de se séparer de leur véhicule par idéologie. Les analystes pointent également du doigt l’implication croissante de Musk dans son Département de l’efficacité gouvernementale (Doge) qui a pour but de sabrer dans les dépenses publiques américaines et qui détournerait donc beaucoup trop son attention de Tesla. Mais au-delà des choix stratégiques d’Elon Musk, la politique économique de Donald Trump pourrait aussi jouer contre lui. Entre le retour en force du pétrole, la hausse des droits de douane et la montée des tensions commerciales avec la Chine et l’Europe, Tesla semble avancer avec des vents contraires en 2025.
LES ENTREPRISES ONT VERSÉ UN MONTANT RECORD DE 1750 MILLIARDS DE DOLLARS DE DIVIDENDES
C’est l’équivalent du PIB de l’Australie que les entreprises ont versé à leurs actionnaires l’année dernière sous forme de dividendes. Pour rappel, un dividende représente une somme d’argent versée par une entreprise à ses actionnaires pour partager une partie de ses bénéfices. Les actionnaires sont des personnes ou entités qui possède une ou plusieurs actions d’une entreprise, donc qui ont versé une certaine somme d’argent pour investir dans l’entreprise, ce qui leur donne un droit de propriété sur une partie de la société et parfois un droit aux dividendes chaque année. L’étude annuelle sur le sujet menée par le gestionnaire d’actifs Janus Henderson montre que parmi les 1200 plus grosses capitalisations boursières mondiales, 88% ont augmenté ou maintenu leurs dividendes en 2024. Si on se concentre par pays, ce sont les États-Unis qui restent de très loin le premier distributeur de dividendes, avec un total de 651 milliards de dollars dans l’année, soit plus d’un tiers du total mondial. Loin derrière, le podium est complété par le Royaume-Uni (90,6 milliards de dollars de dividendes versés en 2024) et le Japon (86). La France, plus grosse contributrice d’Europe, se hisse en quatrième position. Les dividendes français ont atteint un montant record de 68,8 milliards d’euros l’année dernière. Côté secteurs, à elle seule, la finance a versé plus du quart (28%) des dividendes mondiaux en 2024. Les banques ont distribué pas moins de 257,6 milliards de dollars, ce qui en fait de loin les plus généreuses avec leurs actionnaires, suivis par le secteur des hydrocarbures et celui des technologies. Et les entreprises qui ont versé le plus de dividendes sont en 1ère position Microsoft, suivie par Exxon Mobil et HSBC.
LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE (BCE) A BAISSÉ SES TAUX DIRECTEURS
Pour la 6ème fois d'affilée depuis juin 2024, la BCE a décidé de baisser ses taux directeurs de 0,25 point ce jeudi, ce qui laisse entrevoir une nouvelle baisse des taux de crédit immobilier. En effet, les banques se financent en partie auprès de la BCE. Lorsque la BCE diminue le taux auquel elle leur consent ces financements, les banques répercutent cette baisse sur les taux des crédits immobiliers. C’est donc en bonne partie grâce aux 6 baisses des taux de la BCE en moins d’un an, sur fond de ralentissement de l’inflation, que le taux moyen des crédits immobiliers a diminué d’un point au cours des 12 derniers mois en passant d’environ 4,2% à 3,2%. Comme l’explique Caroline Arnould, directrice générale du courtier Cafpi : “Une baisse d’un point du taux de crédit, cela représente 30 000 euros de pouvoir d’achat supplémentaire, dans le cas d’un emprunt de 200 000 euros”. Si pour de nombreux professionnels du secteur les taux devraient graviter entre 2,5% et 3% d’ici la fin de l’année, un bon nombre se montre plus sceptique. En cause : un risque de hausse du taux de l’obligation assimilable du Trésor (OAT) à 10 ans, qui est pour faire simple le taux auquel la France emprunte sur les marchés financiers et ce taux constitue en fait l’un des principaux éléments sur lesquels les banques se fondent pour établir leurs taux de crédit immobilier. Et ce taux a bondi cette semaine dans un contexte géopolitique des plus incertains et de crainte d’une remontée de l’inflation avec les mesures protectionnistes de l’administration Trump. Une hausse continue de l’OAT à 10 ans pourrait donc contrebalancer l’effet de la baisse des taux directeurs sur les taux de crédit immobilier. Nous verrons concrètement le barème des taux des banques dans les prochains mois, je vous tiendrai au courant.
LE CANADA RETIRE L’ALCOOL AMÉRICAIN DES MAGASINS
Face aux droits de douane de 25% de Trump, plusieurs provinces canadiennes comme l’Ontario, le Manitoba et le Québec banissent l'alcool américain de leurs commerces alors que la la Colombie-Britannique a choisi de bannir uniquement les alcools en provenance des États républicains. Doug Ford, le premier ministre de l'Ontario, a déclaré que la province vend pour près d'un milliard de dollars canadiens (650 millions d'euros) d'alcool en provenance des États-Unis. Concrètement, comme l’a expliqué Doug Ford, les marques d’alcool américaines ne seront plus disponibles dans le catalogue du grossiste LCBO, qui est le plus grand acheteur d’alcool au monde, ce qui implique donc que les détaillants, restaurants et bars de l’Ontario ne pourront plus se réapprovisionner en produits américains. Le gouvernement du Québec a également demandé “de cesser de fournir en boissons alcoolisées américaines les épiceries, les agences, les bars et les restaurants”. Comme l’explique la régie des alcools du Québec, la SAQ : “Suite aux nouvelles réglementations tarifaires entre le Canada et les États-Unis, ces produits ne sont plus disponibles à la vente”. Le Canada a également riposté aux droits de douane de Trump en appliquant en retour 25% sur certains produits américains comme la viande, les œufs, les fruits et le vin. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a qualifié de “stupide” la politique de droits de douane de Trump et que cette décision avait pour but de “faire chuter l’économie” pour ensuite “pouvoir annexer” le Canada. Trudeau a expliqué que cette nouvelle politique va frapper durement le Canada” mais le pays ne “reculera pas” en promettant la victoire du Canada.
L’exploration Éco de la semaine
L’Europe se réarme : Von der Leyen dévoile un plan à 800 milliards d’euros
L’Europe face à l’urgence. Après la suspension de l’aide américaine à l’Ukraine, Ursula von der Leyen contre-attaque. La présidente de la Commission européenne a présenté un plan massif pour réarmer le continent et soutenir immédiatement Kyiv. Montant total : 800 milliards d’euros.
Un tournant stratégique. Alors que Washington se désengage progressivement, Bruxelles veut accélérer l’autonomie militaire de l’Europe. Un sommet exceptionnel est prévu ce jeudi pour discuter des propositions, qui incluent un assouplissement des règles budgétaires et la création d’un fonds de 150 milliards d’euros pour financer l’effort de guerre.
Un plan en cinq axes
L’initiative, baptisée "ReArm Europe", vise à débloquer des centaines de milliards d’euros pour renforcer la défense des 27 États membres et intensifier l’envoi d’équipements militaires à l’Ukraine. Voici les mesures phares :
1. Assouplissement des règles budgétaires
Les États membres pourraient dépasser la limite actuelle de 3 % du PIB de déficit public pour financer leurs dépenses militaires. En clair, Bruxelles leur permettrait d’ajouter jusqu’à 1,5 % de PIB en dépenses de défense sur quatre ans. Traduction : 650 milliards d’euros libérés pour l’armement.
2. Un fonds de 150 milliards d’euros
Un nouveau mécanisme de prêts serait mis en place pour aider les États membres à financer des investissements ciblés dans leur industrie de défense. Contrairement à une mutualisation de la dette, ces prêts seraient optionnels, évitant ainsi le veto des Pays-Bas et des pays opposés à une dette européenne commune.
3. Réorientation des fonds européens
Bruxelles propose d'autoriser les États à utiliser une partie des fonds de cohésion, normalement destinés au développement économique des régions les plus pauvres, pour des projets liés à la défense.
4. Faciliter le financement du secteur privé
Un "savings and investment union" aiderait les entreprises du secteur de la défense à lever plus facilement des capitaux sur les marchés financiers.
5. Lever les restrictions de la Banque européenne d’investissement (BEI)
Jusqu’ici, la BEI n’autorisait le financement que de projets à double usage civil-militaire. Désormais, elle pourrait inclure des équipements militaires et policiers, bien que les armes et les munitions restent pour l’instant exclues.
ReArm Europe : le plan de défense de l’UE de 800 milliards d’euros
Une réponse directe au retrait américain
L’annonce de ce plan intervient alors que Donald Trump a confirmé son pivot géopolitique. Washington pousse pour une négociation de paix avec Moscou et laisse entendre que l’aide à l’Ukraine ne sera plus une priorité. Pour l’Europe, le message est clair : se préparer à une guerre longue sans le soutien américain.
"L’Europe fait face à un danger imminent, d’une ampleur inédite dans notre génération", a déclaré Ursula von der Leyen dans une lettre aux dirigeants de l’UE.
Avec ce plan, l’UE veut envoyer un signal fort : elle ne dépendra plus exclusivement des États-Unis pour assurer sa sécurité. L’objectif est non seulement de renforcer les capacités militaires européennes, mais aussi d’éviter un effondrement du soutien militaire à l’Ukraine.
Une aide "immédiate" à l’Ukraine ?
Von der Leyen promet que les États membres pourront utiliser ces nouvelles ressources pour fournir rapidement des armes et du matériel à Kyiv. Concrètement, il s’agit d’investir dans des domaines prioritaires comme :
- Défense aérienne et antimissile
- Systèmes d’artillerie, missiles et munitions
- Drones et contre-drones
L’idée est d’accélérer les livraisons pour combler le vide laissé par le retrait progressif de l’aide américaine. Mais quand ces fonds seront-ils réellement mobilisés ?
Selon Camille Grand, du European Council on Foreign Relations, l’impact sur le terrain pourrait prendre plusieurs semaines ou mois, le temps que les achats d’armement soient finalisés. "Cela fait une différence, car c’est à ce moment-là que les restrictions américaines commenceront à se faire sentir", souligne-t-il.
Un premier pas, mais pas un "game changer"
Si le plan est ambitieux, il ne change pas encore la donne. Guntram Wolff, du think tank Bruegel, estime que ces mesures sont une avancée, mais qu’il faudra aller plus loin, notamment en rouvrant le débat sur un véritable emprunt commun pour la défense européenne – un sujet sensible qui pourrait être remis sur la table après les élections en Allemagne.
Du côté des États membres, les réactions sont globalement positives. L'Allemagne, l'Italie, le Portugal, la Grèce et l'Estonie ont salué un "premier pas important". Berlin parle même d’un "saut quantique nécessaire pour renforcer la défense de l’UE".
Un sommet sous tension Ă Bruxelles
Ce jeudi, les dirigeants européens se réuniront pour finaliser le plan. La priorité absolue sera de débloquer rapidement un nouveau paquet d’armes pour l’Ukraine. Mais il reste incertain qu’un accord soit trouvé immédiatement.
Le sommet intervient après une série de réunions d’urgence, y compris avec le Royaume-Uni. L’Europe doit maintenant affronter une réalité brutale : les États-Unis ne seront peut-être plus un allié militaire fiable.
Se réarmer ou disparaître. Voilà le dilemme auquel l’UE fait face. Ce plan à 800 milliards d’euros est une première réponse, mais il ne suffira pas à lui seul à garantir la souveraineté européenne. Les prochaines semaines seront décisives pour voir si Bruxelles peut transformer ces promesses en actions concrètes.
Les entreprises de la défense en Europe s’envolent en bourse
L’effet domino du réarmement européen ne se fait pas attendre. Alors que le Royaume-Uni et la France mènent un effort diplomatique pour arracher un accord de paix en Ukraine, les investisseurs anticipent une hausse massive des budgets de défense sur le continent. Résultat : les actions des groupes d’armement européens s’envolent. Lundi, BAE Systems a bondi de +15 %, Rheinmetall de +14 %, Thales et Leonardo de +16 % chacun. Un mouvement qui prolonge une tendance déjà bien amorcée : l’industrie de la défense est sous le feu des projecteurs, portée par la peur d’un désengagement américain et l’urgence pour l’Europe d’assurer sa propre sécurité.
Les entreprises de la défense européennes s’envolent en bourse
L’onde de choc du désengagement américain
Depuis des années, les responsables militaires européens plaidaient pour une augmentation des budgets de défense. Mais ce qui était un débat stratégique devient désormais une nécessité politique.
Avec Washington qui menace de réduire ses garanties de sécurité, les gouvernements européens n’ont plus le choix : ils doivent réinvestir massivement dans leur armée et leur industrie de l’armement. Ce revirement, brutal et soudain, attire l’attention des investisseurs, qui misent désormais sur une explosion des dépenses militaires à l’échelle du continent.
Le secteur aéronautique en embuscade
Les valeurs de l’armement ne sont pas les seules à profiter de cet élan. Les constructeurs aéronautiques, qui réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires dans la défense, ont aussi connu une forte hausse lundi :
- Airbus : +5 %, porté par ses divisions militaires et spatiales
- Safran : +3 %, qui profite de la demande accrue pour ses moteurs et équipements aéronautiques
- Rolls-Royce : +4 %, qui surfe sur des résultats financiers impressionnants et un engouement croissant pour ses moteurs de défense
L’italien Leonardo, qui fabrique des hélicoptères militaires et des systèmes de défense, continue également son ascension, dans un marché où la demande pour les équipements de haute technologie ne cesse de croître.
QinetiQ et Dassault Aviation en pleine ascension
Les entreprises spécialisées dans la haute technologie militaire ne sont pas en reste.
- QinetiQ (Royaume-Uni) : +12 %, grâce à son expertise dans les systèmes autonomes et la guerre électronique
- Dassault Aviation (France) : +15 %, boosté par la hausse des commandes pour le Rafale et d’autres programmes stratégiques
Ces entreprises bénéficient directement de la modernisation accélérée des armées européennes, avec une attention particulière portée aux drones, aux avions de chasse et aux technologies de guerre électronique.
BAE Systems : le géant britannique bat des records
Le leader de l’armement britannique BAE Systems confirme sa domination.
- Commandes record en 2024
- Plus de 3 milliards de livres de bénéfices annuels
- Valorisation Ă 48 milliards de livres sterling
- Action multipliée par deux depuis le début de la guerre en Ukraine
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’industrie de l’armement est l’un des secteurs les plus rentables en Europe, et les investisseurs ne comptent pas lâcher le morceau.
Un secteur sous tension, mais avec un avenir assuré
Le climat géopolitique actuel ne montre aucun signe d’apaisement. Avec la menace d’un retrait progressif du soutien américain et la nécessité pour l’Europe de se doter d’une armée plus robuste, les industriels de la défense sont en pole position pour bénéficier des nouvelles priorités budgétaires des gouvernements.
L’Europe entre dans une nouvelle ère de réarmement. Les budgets explosent, les commandes affluent et les marchés réagissent en conséquence. Une certitude demeure : dans les années à venir, l’industrie de la défense sera un secteur clé du paysage économique européen.
Le Graph’ de la semaine
Près de 7 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays
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