On parle de lâoffensive de Trump contre la Fed, de la nouvelle pĂ©pite française Harmattan AI, du record de dĂ©faillances dâentreprises, de la dĂ©mographie française et de la baisse du taux du Livret A. Pour le dĂ©cryptage, on sâintĂ©resse Ă la rĂ©partition des 6 600 milliards dâeuros dâĂ©pargne des Français.
La tension entre la Maison-Blanche et la banque centrale amĂ©ricaine a franchi un nouveau seuil. Jerome Powell, prĂ©sident de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale depuis 2017, a confirmĂ© avoir reçu une convocation du ministĂšre de la Justice. Lâadministration soupçonne la Fed de ne pas avoir respectĂ© le budget initialement prĂ©vu pour la rĂ©novation de son siĂšge Ă Washington, Ă©valuĂ© Ă 2,7 milliards de dollars, alors que le coĂ»t final annoncĂ© atteint 3,1 milliards. Des soupçons de fraude sont Ă©voquĂ©s, bien que Powell conteste toute irrĂ©gularitĂ©. Cette procĂ©dure intervient dans un climat politique dĂ©jĂ trĂšs dĂ©gradĂ©, marquĂ© par des attaques rĂ©pĂ©tĂ©es de Donald Trump contre le patron de la banque centrale. Le prĂ©sident amĂ©ricain reproche Ă la Fed de ne pas avoir abaissĂ© ses taux directeurs entre janvier et septembre 2025, malgrĂ© ses pressions, invoquant la crainte dâun rebond de lâinflation â notamment liĂ© Ă lâimpact de ses propres droits de douane â alors que lâinflation demeure au-dessus de la cible de 2 %. Trump a publiquement dĂ©clarĂ© Ă plusieurs reprises quâil « adorerait le licencier », tout en niant toute implication dans lâenquĂȘte. InterrogĂ© sur NBC, il a affirmĂ© ne rien savoir du dossier, tout en attaquant Powell sur sa compĂ©tence, y compris sur la conduite du chantier de rĂ©novation. De son cĂŽtĂ©, Powell a indiquĂ© quâil ne quitterait pas ses fonctions en raison de cette enquĂȘte, quâil qualifie de prĂ©texte politique destinĂ© Ă contraindre la Fed Ă aligner sa politique monĂ©taire sur les prĂ©fĂ©rences de lâexĂ©cutif plutĂŽt que sur lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Lâoffensive sâest encore durcie le mardi 13 janvier, lorsque Donald Trump, sâexprimant devant le Detroit Economic Club, a multipliĂ© les attaques frontales contre Jerome Powell, le qualifiant dâ« incompĂ©tent » et de « malhonnĂȘte ». Quelques heures plus tĂŽt, depuis la Maison-Blanche, il avait dĂ©jĂ relancĂ© la polĂ©mique, dĂ©nonçant une politique monĂ©taire quâil juge trop restrictive et quâil accuse de freiner la croissance amĂ©ricaine. Plus largement, cette sĂ©quence ravive les inquiĂ©tudes des investisseurs quant Ă lâindĂ©pendance de la banque centrale la plus influente au monde, une indĂ©pendance historiquement conçue pour protĂ©ger la valeur de la monnaie, lutter contre lâinflation et prĂ©server lâĂ©pargne face Ă la tentation rĂ©currente des gouvernements de financer leurs ambitions par une crĂ©ation monĂ©taire opportuniste.
La French Tech franchit un cap symbolique avec lâĂ©mergence de sa premiĂšre licorne dans le secteur de la dĂ©fense. Harmattan AI, jeune entreprise spĂ©cialisĂ©e dans les drones de combat dopĂ©s Ă lâintelligence artificielle, vient de boucler un tour de table de 200 millions de dollars, menĂ© par Dassault Aviation. Cette opĂ©ration porte sa valorisation Ă 1,4 milliard de dollars, un seuil confirmĂ© par son fondateur et dirigeant de 25 ans, Mouad M'Ghari. Câest un signal fort pour un secteur longtemps marginalisĂ© dans lâĂ©cosystĂšme technologique europĂ©en, dĂ©sormais replacĂ© au centre des prioritĂ©s stratĂ©giques depuis le dĂ©clenchement de la guerre en Ukraine. AprĂšs des premiers financements rĂ©alisĂ©s auprĂšs de FirstMark Capital et Atlantic Labs, lâentrĂ©e de Dassault Aviation marque une europĂ©anisation claire de lâactionnariat et aligne la start-up avec lâagenda de souverainetĂ© technologique du continent. Harmattan AI dĂ©veloppe des drones de combat, dâinterception et de surveillance, ainsi que des plateformes de commandement et de contrĂŽle capables dâopĂ©rer dans des environnements fortement dĂ©gradĂ©s, y compris en cas de rupture partielle des communications. En 2025, la sociĂ©tĂ© a connu une accĂ©lĂ©ration commerciale majeure avec la signature de contrats stratĂ©giques, notamment la fourniture de 1 000 drones Ă la Direction gĂ©nĂ©rale de lâarmement, ainsi que des accords opĂ©rationnels avec lâarmĂ©e britannique. Le partenariat avec Dassault dĂ©passe largement le cadre financier. Harmattan AI participera au dĂ©veloppement de fonctions dâintelligence artificielle embarquĂ©es pour les futurs systĂšmes de combat aĂ©rien du groupe, notamment le Rafale F5 et les programmes dâUCAS, ces drones collaboratifs conçus pour opĂ©rer aux cĂŽtĂ©s des avions pilotĂ©s. Lâobjectif est clair : renforcer lâautonomie des systĂšmes, amĂ©liorer la coordination homme-machine et accroĂźtre la supĂ©rioritĂ© opĂ©rationnelle sur les théùtres de conflit. Parmi ses produits phares, le drone Sahara intĂšgre un radar avancĂ© dĂ©diĂ© Ă la connaissance de situation, capable de dĂ©tecter des positions camouflĂ©es ou dâassurer une surveillance maritime nocturne. Le modĂšle Gobi, quant Ă lui, est un intercepteur Ă grande vitesse conçu pour neutraliser une cible en environ une minute aprĂšs son lancement. « Une excellente nouvelle pour notre autonomie stratĂ©gique », a saluĂ© Emmanuel Macron, dans un contexte de hausse annoncĂ©e des budgets militaires et de rĂ©armement accĂ©lĂ©rĂ© de lâEurope. Les fonds levĂ©s permettront Ă Harmattan AI dâintensifier le dĂ©ploiement de ses briques dâintelligence artificielle, dâĂ©largir sa gamme de produits et de renforcer ses capacitĂ©s industrielles, notamment dans les domaines de lâISR, de lâinterception et de la guerre Ă©lectronique.
La France a enregistrĂ© en 2025 un nouveau record de dĂ©faillances dâentreprises. PrĂšs de 69 000 sociĂ©tĂ©s ont fait dĂ©faut au cours de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e, soit une hausse dâenviron 6% par rapport Ă lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente, selon le dernier rapport du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce. Ce chiffre confirme lâinstallation durable dâun climat de fragilitĂ© dans le tissu Ă©conomique français. Une entreprise est dite dĂ©faillante lorsquâelle nâest plus en mesure de faire face normalement Ă ses obligations financiĂšres : paiement des fournisseurs, des salaires, des impĂŽts ou des Ă©chĂ©ances bancaires. On parle alors de cessation de paiements, situation dans laquelle la trĂ©sorerie disponible ne suffit plus Ă couvrir les dettes exigibles. Lâentreprise est tenue de dĂ©clarer cette situation au tribunal de commerce, ce qui dĂ©clenche lâouverture dâune procĂ©dure collective. Celle-ci peut prendre la forme dâun redressement judiciaire, lorsque la poursuite de lâactivitĂ© reste envisageable, ou dâune liquidation judiciaire, lorsque la situation est jugĂ©e irrĂ©versible et que lâactivitĂ© est arrĂȘtĂ©e. Comme les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, les difficultĂ©s se concentrent trĂšs largement sur les petites structures. Les entreprises de moins de dix salariĂ©s reprĂ©sentent Ă elles seules plus de 90% des dĂ©faillances enregistrĂ©es. En volume, le secteur de la construction demeure le plus touchĂ©, avec 21% des procĂ©dures ouvertes. Mais certaines activitĂ©s connaissent une dĂ©gradation particuliĂšrement marquĂ©e : les dĂ©faillances ont bondi de 31% dans lâenseignement, de prĂšs de 20% dans les services et de 10,9% dans le transport. Plusieurs facteurs expliquent cette dĂ©tĂ©rioration. Les tensions internationales et les nouveaux droits de douane imposĂ©s par le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump ont pesĂ© sur les Ă©changes et les chaĂźnes dâapprovisionnement. Ă cela sâajoutent un climat dâincertitude Ă©conomique, une confusion politique et budgĂ©taire persistante, ainsi que des conditions de financement restĂ©es difficiles malgrĂ© la dĂ©tente progressive des taux dâintĂ©rĂȘt. En toile de fond, le nombre historiquement Ă©levĂ© de crĂ©ations dâentreprises, en particulier de microentreprises, contribue Ă©galement Ă cette hausse des dĂ©faillances. Lâaugmentation du stock dâentreprises actives sur le territoire entraĂźne mĂ©caniquement une progression du nombre de dĂ©fauts : plus il y a dâentreprises, plus le nombre dâacteurs exposĂ©s au risque dâĂ©chec augmente.
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