On parle de l'accord entre l'Ukraine et les Ătats-Unis, de la rĂ©munĂ©ration en hausse des PDG, d'Elon Musk qui crĂ©e sa propre ville, de Jeff Bezos qui va vendre ses actions Amazon et de l'augmentation de la taxe fonciĂšre. Pour le dĂ©cryptage, on parle du bras de fer Ă©conomique entre l'Europe et les Ătats-Unis.
Washington et Kiev ont discrĂštement posĂ© les jalons d'un partenariat aux allures de big bang gĂ©oĂ©conomique. AprĂšs plusieurs mois de nĂ©gociations feutrĂ©es, un accord a vu le jour : les Ătats-Unis et l'Ukraine crĂ©eront un fonds dâinvestissement commun, Ă parts Ă©gales, pour reconstruire le pays. Un fonds dont les contours rĂ©vĂšlent une ambition trĂšs prĂ©cise : ouvrir Ă lâAmĂ©rique les portes du sous-sol ukrainien. Ce partenariat ne se contente pas dâun simple soutien Ă©conomique post-conflit. Il vise plus grand, plus profond : lâexploitation des ressources naturelles ukrainiennes, parmi lesquelles les mĂ©taux rares, le gaz, le pĂ©trole, et une poignĂ©e de minerais jugĂ©s cruciaux pour les chaĂźnes industrielles stratĂ©giques des Ătats-Unis. Et ce, pour les dix prochaines annĂ©es. Officiellement, les bĂ©nĂ©fices issus de ce fonds seront rĂ©injectĂ©s dans lâĂ©conomie ukrainienne, sans aucune dette Ă rembourser du cĂŽtĂ© de Kiev. Une subtilitĂ© majeure : les Ătats-Unis financent des infrastructures miniĂšres, pĂ©troliĂšres et gaziĂšres sur le territoire ukrainien, crĂ©ent un environnement favorable pour leurs entreprises, et accĂšdent en retour Ă des ressources clĂ©s pour leur propre transition industrielle. Une forme dâalignement gagnant-gagnant â Ă premiĂšre vue. Car derriĂšre ce vernis de coopĂ©ration, lâaccord réécrit, sans bruit, les rĂšgles de lâaprĂšs-guerre : lâaide militaire se stabilise, mais lâappĂ©tit Ă©conomique sâorganise. Selon les donnĂ©es de "World Mining Data 2024", lâUkraine pĂšse aujourdâhui pour 5% de la production mondiale de minerais, mais ses rĂ©serves pourraient lui confĂ©rer un statut de pivot Ă©nergĂ©tique et minier en Europe de lâEst. Le pays est le 8e producteur mondial de manganĂšse, 11e pour le titane, et 14e pour le graphite â ce dernier Ă©tant indispensable Ă la fabrication des batteries Ă©lectriques. CĂŽtĂ© amĂ©ricain, lâaccord coche plusieurs cases : sĂ©curitĂ© dâapprovisionnement, crĂ©ation dâopportunitĂ©s pour les majors de lâĂ©nergie, et consolidation dâun partenariat avec un alliĂ© stratĂ©gique aux portes de la Russie. Dans le viseur : le renforcement des chaĂźnes de valeur amĂ©ricaines dans la dĂ©fense, la high-tech, et la transition Ă©nergĂ©tique. Mais l'accord nâest pas sans angle mort. Les extraits publiĂ©s par la presse nâindiquent aucune clause de sĂ©curitĂ© ferme. Pas dâengagement militaire nouveau, ni de promesse de livraisons dâarmes. Lâaccord se limite Ă une phrase diplomatiquement floue : les Ătats-Unis « soutiennent les efforts de lâUkraine en vue d'obtenir les garanties de sĂ©curitĂ© nĂ©cessaires Ă une paix durable ». Une phrase qui dit tout et ne garantit rien.
Depuis 2019, la rĂ©munĂ©ration des PDG a grimpĂ© 56 fois plus vite que celle des travailleurs. Une conclusion tirĂ©e dâune vaste enquĂȘte menĂ©e par Oxfam, qui a passĂ© au crible les donnĂ©es de plus de 2 000 entreprises rĂ©parties dans 35 pays, en ciblant les dirigeants ayant perçu plus dâun million de dollars en 2024. Le constat est sans appel. +50 % de hausse rĂ©elle pour les patrons â une envolĂ©e calculĂ©e en tenant compte de lâinflation â contre une maigre progression de 0,9 % pour les salariĂ©s ordinaires sur la mĂȘme pĂ©riode. « AnnĂ©e aprĂšs annĂ©e, nous assistons au mĂȘme spectacle grotesque : la rĂ©munĂ©ration des PDG explose alors que les salaires des travailleurs augmentent Ă peine », dĂ©nonce Amitabh Behar, directeur exĂ©cutif dâOxfam International. En Europe, lâIrlande et lâAllemagne figurent en haut du podium des Ă©carts salariaux : les PDG y ont gagnĂ© respectivement 5,9 millions dâeuros et 4,1 millions dâeuros par an en 2024, selon le rapport. Et ce, alors mĂȘme que la croissance salariale rĂ©elle plafonnait Ă 0,6 % lâan dernier en France, en Afrique du Sud et en Espagne â trois pays oĂč la stagnation des revenus se fait durement sentir. Certes, les donnĂ©es globales de lâOrganisation internationale du travail (OIT) indiquent une progression moyenne de 2,7 % des salaires rĂ©els en 2024. Mais derriĂšre cette moyenne se cache une rĂ©alitĂ© plus sombre : des millions de travailleurs nâen ont tout simplement pas vu la couleur. La reprise post-Covid, puis lâinflation galopante, ont laminĂ© le pouvoir dâachat des classes moyennes et populaires, tandis que les bonus, stock-options et salaires fixes des dirigeants suivaient une trajectoire bien plus dynamique. Plus inquiĂ©tant encore : les inĂ©galitĂ©s restent massives dans les pays Ă faible revenu, principalement en Asie, en Afrique et en AmĂ©rique du Sud, oĂč les 10 % les plus riches captent 3,4 fois plus de revenus que les 40 % les plus pauvres.
Au sud du Texas, entre dĂ©sert aride et rivages sablonneux, une nouvelle ville vient de naĂźtre. Elle ne ressemble Ă aucune autre. BaptisĂ©e Starbase, elle nâa pas Ă©tĂ© imaginĂ©e par des urbanistes ou financĂ©e par un Ătat. Non, Starbase est lâĆuvre dâun seul homme : Elon Musk. Ici, dans ce pĂ©rimĂštre de 3,9 kilomĂštres carrĂ©s, sâĂ©lĂšve dĂ©jĂ une base de lancement dâoĂč dĂ©collent les fusĂ©es Starship de SpaceX. Et dĂ©sormais, câest une vĂ©ritable municipalitĂ© privĂ©e qui sây organise. Un vote interne a rĂ©cemment actĂ© le projet Ă la quasi-unanimitĂ© parmi les quelque 300 employĂ©s de la base et leurs partenaires. Ă la tĂȘte de cette ville naissante : un cadre dirigeant de SpaceX, dĂ©signĂ© comme maire. Starbase devient ainsi lâune des premiĂšres technovilles corporatistes modernes des Ătats-Unis. LâidĂ©e ne date pas dâhier. Fin 2024, Elon Musk avait officiellement dĂ©posĂ© une demande auprĂšs des autoritĂ©s locales pour transformer ce morceau de littoral texan â 4 kmÂČ au total â en ville autonome. Son argument : SpaceX y gĂšre dĂ©jĂ les routes, lâĂ©cole, les soins mĂ©dicaux et les logements. Pourquoi ne pas officialiser ce qui est dĂ©jĂ officieusement une citĂ© dâentrepriseâŻ? Lâobjectif est clair : maĂźtriser totalement lâenvironnement rĂ©glementaire dans lequel Ă©volue SpaceX. En devenant sa propre autoritĂ© municipale, la sociĂ©tĂ© peut fixer ses rĂšgles dâurbanisme, accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures administratives, encadrer les loyers sur son foncier, et attirer des entreprises partenaires sous sa propre gouvernance. Une zone dâexpĂ©rimentation lĂ©gislative, taillĂ©e pour lâinnovation spatiale⊠mais aussi pour le contrĂŽle. Mais ce projet soulĂšve aussi de vives inquiĂ©tudes. En 2024, lâAgence fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine de protection de lâenvironnement (EPA) avait sanctionnĂ© SpaceX pour des dĂ©versements illĂ©gaux dans des cours dâeau. Lâentreprise avait Ă©galement Ă©tĂ© accusĂ©e dâavoir dĂ©truit des habitats naturels, notamment des nids dâoiseaux rares, lors des essais de ses fusĂ©es Starship.
Jeff Bezos, fondateur visionnaire dâAmazon et milliardaire Ă lâappĂ©tit spatial assumĂ©, vient dâactiver une nouvelle manĆuvre boursiĂšre millimĂ©trĂ©e. Selon un document rĂ©cemment dĂ©posĂ© auprĂšs de la SEC â le rĂ©gulateur des marchĂ©s financiers amĂ©ricains â Bezos prĂ©voit de vendre jusquâĂ 25 millions dâactions Amazon dâici fin mai 2026, soit une enveloppe potentielle de 4,75 milliards de dollars au cours actuel de lâaction (191 dollars). LâopĂ©ration se fera dans le cadre dâun "trading plan ordonnĂ©" â une mĂ©thode encadrĂ©e permettant aux dirigeants de vendre des actions sans influencer directement le marchĂ©, en fractionnant les cessions dans le temps. Objectif : Ă©viter toute panique boursiĂšre ou accusation de dĂ©lit dâinitiĂ©, tout en assurant une sortie maĂźtrisĂ©e. Mais Bezos nâen est pas Ă son premier cash-out. Rien quâen 2024, il avait dĂ©jĂ cĂ©dĂ© plus de 13,4 milliards de dollars de titres Amazon. Une pĂ©riode faste pour lâentreprise, dont la capitalisation boursiĂšre avait dĂ©passĂ© les 2 000 milliards de dollars, portĂ©e par la frĂ©nĂ©sie des investisseurs pour les solutions dâintelligence artificielle intĂ©grĂ©es aux services cloud du groupe. DĂ©but mars 2025, Bezos dĂ©tenait encore 909 millions dâactions, soit 8,09 % du capital. Une part qui en fait le premier actionnaire individuel dâAmazon, malgrĂ© son retrait opĂ©rationnel en 2021 au profit dâAndy Jassy. En clair : mĂȘme en vendant pour plusieurs milliards, Bezos conserve les clĂ©s de la maison, surveillant dâun Ćil le navire quâil a construit. Ă quoi servent ces milliards ? En grande partie Ă financer Blue Origin, sa conquĂȘte spatiale personnelle qui rivalise avec celle dâElon Musk. Mais aussi Ă alimenter ses fondations philanthropiques, engagĂ©es sur le front de la lutte contre la pauvretĂ© et les bouleversements climatiques. Toutefois, ce plan de vente sâinscrit dans un contexte plus incertain pour Amazon. En toile de fond : une nouvelle guerre commerciale mondiale, dĂ©clenchĂ©e par le retour de Donald Trump. Lâadministration a imposĂ© des droits de douane de 145 % sur les produits importĂ©s de Chine. Et cela pourrait peser lourd sur les comptes dâAmazon, dont un quart des marchandises vendues proviennent de lâEmpire du Milieu.
Les propriĂ©taires immobiliers français ont Ă©tĂ© mis Ă rude Ă©preuve en 2024. Selon les chiffres de la Direction gĂ©nĂ©rale des finances publiques (DGFIP), ils ont versĂ© Ă eux seuls 33,8 milliards dâeuros au titre de la taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties, contre 31,8 milliards en 2023. Une hausse de 2 milliards dâeuros en une seule annĂ©e, qui pĂšse lourdement sur les « petits propriĂ©taires », dĂ©jĂ confrontĂ©s Ă la flambĂ©e des coĂ»ts de lâĂ©nergie, des travaux et des taux dâemprunt. Au total, en ajoutant les entreprises, les collectivitĂ©s et les autres entitĂ©s assujetties, la taxe fonciĂšre a rapportĂ© 55,3 milliards dâeuros Ă lâĂtat en 2024, contre 53,3 milliards lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. Et cette trajectoire haussiĂšre ne date pas dâhier : selon lâObservatoire national des taxes fonciĂšres de lâUNPI, lâimpĂŽt a bondi de 33 % entre 2013 et 2023, soit une progression bien plus rapide que lâinflation cumulĂ©e sur la pĂ©riode (+19 %) ou que la hausse des loyers (+7,7 %). Sur la seule pĂ©riode 2021-2024, la taxe fonciĂšre a grimpĂ© de 15,1 %. Une Ă©volution en grande partie due Ă un mĂ©canisme automatique : depuis 2018, les valeurs locatives cadastrales, base de calcul de lâimpĂŽt, sont indexĂ©es sur lâinflation constatĂ©e entre novembre dâune annĂ©e et novembre de lâannĂ©e suivante. RĂ©sultat : en 2024, les propriĂ©taires ont vu leur facture grimper de 3,9 % simplement par effet dâindexation. Mais cette augmentation nationale ne raconte pas toute lâhistoire. Dans les 200 plus grandes villes de France, la taxe fonciĂšre a augmentĂ© de 4,9 % en moyenne en 2024. De nombreuses communes ont relevĂ© leurs propres taux, invoquant la suppression de la taxe dâhabitation et la nĂ©cessitĂ© de financer les services locaux ou des projets dâinvestissement. Une façon de compenser les pertes de recettes fiscales en dĂ©portant la charge sur les seuls propriĂ©taires. Pour 2025, la hausse devrait ĂȘtre moins brutale : lâindexation nationale sera limitĂ©e Ă 1,7 %, grĂące au reflux de lâinflation. Mais les communes auront toujours la main sur leurs propres taux, laissant planer une incertitude sur la facture finale.
8 mai 2025. Jour de mĂ©moire en Europe, jour de bras de fer Ă©conomique Ă lâĂ©chelle du monde. Tandis que les drapeaux sont en berne pour commĂ©morer la fin de la Seconde Guerre mondiale, un nouveau conflit sâĂ©chauffe, commercial celui-ci. Depuis Bruxelles, la Commission europĂ©enne a lancĂ© un avertissement dâune clartĂ© brutale Ă lâadministration Trump : si Washington persiste Ă taxer les produits europĂ©ens, alors lâEurope rĂ©pondra â et avec force.
Sur la table : une liste noire de produits amĂ©ricains dâune valeur colossale de 95 milliards dâeuros. Des avions Boeing aux SUV made in Detroit, des batteries lithium aux whiskys du Kentucky, tous pourraient faire les frais de cette riposte. Officiellement, il ne sâagit encore que dâune consultation publique. Officieusement, câest un coup de semonce.
Le point de dĂ©part de cette escalade ? Une dĂ©cision unilatĂ©rale signĂ©e Donald Trump. En avril, le prĂ©sident amĂ©ricain a rĂ©activĂ© sa stratĂ©gie de « protectionnisme offensif » : 20 % de droits de douane imposĂ©s sur la plupart des biens europĂ©ens, avec une pause technique de 90 jours. Une pause qui sâachĂšve en juillet â et derriĂšre laquelle se profile une guerre commerciale assumĂ©e.
En lâĂ©tat, un tarif douanier de base de 10 % sâapplique dĂ©jĂ . Mais ce nâest quâun avant-goĂ»t : les surtaxes pourraient atteindre 25 %, voire plus, sur certains segments jugĂ©s « stratĂ©giques » par Washington.
Ă Bruxelles, lâalarme a sonnĂ©. Non seulement la Commission europĂ©enne prĂ©pare sa contre-attaque tarifaire, mais elle enclenche Ă©galement la procĂ©dure de saisine de lâOMC (Organisation mondiale du commerce). Dans un communiquĂ© musclĂ©, lâexĂ©cutif europĂ©en dĂ©nonce une « violation manifeste des rĂšgles multilatĂ©rales » et entend « dĂ©fendre lâĂ©conomie europĂ©enne avec tous les instruments lĂ©gaux Ă sa disposition ».
La liste des produits visĂ©s par Bruxelles nâest pas symbolique : elle vise le cĆur battant des exportations amĂ©ricaines. Le constructeur aĂ©ronautique Boeing, dĂ©jĂ mis Ă mal par ses retards industriels, pourrait voir ses ventes vers lâEurope ralenties. Les fabricants automobiles, de Tesla Ă General Motors, pourraient subir des hausses de prix rĂ©percutĂ©es sur les consommateurs. MĂȘme les exportateurs de spiritueux â bourbon, vins californiens â risquent de trinquer.
La manĆuvre est Ă©galement politique. Guillaume Faury, PDG dâAirbus, nâa pas manquĂ© de souffler Ă Bruxelles quâen cas de maintien des taxes amĂ©ricaines, lâEurope se devait de taxer « symĂ©triquement » les avions Boeing. Message reçu.
Mais Donald Trump ne sâest pas arrĂȘtĂ© lĂ . Le 8 mai, quelques heures seulement aprĂšs lâannonce europĂ©enne, il dĂ©gaine son propre coup diplomatique : un « accord commercial total et complet » avec le Royaume-Uni, selon ses mots postĂ©s sur Truth Social.
Sans en dĂ©voiler les dĂ©tails, Trump loue une « relation spĂ©ciale » avec Londres et promet que cet accord sera le « premier dâune longue sĂ©rie » de pactes bilatĂ©raux. Une façon habile de diviser les rangs occidentaux tout en isolant Bruxelles. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a saluĂ© des « discussions productives » avec Washington, laissant entendre quâun alignement Ă©conomique avec les Ătats-Unis est en cours.
Face Ă lâincertitude amĂ©ricaine et aux tentatives de dĂ©stabilisation, lâEurope rĂ©agit en tissant dâautres toiles. Maros Sefcovic, le commissaire europĂ©en au Commerce, a entamĂ© un vĂ©ritable marathon diplomatique en Asie. De Singapour Ă New Delhi, en passant par Djakarta, lâUnion cherche de nouveaux dĂ©bouchĂ©s.
Objectif affichĂ© : diversifier les chaĂźnes dâapprovisionnement, sĂ©curiser les exportations et rĂ©duire la dĂ©pendance Ă un partenaire amĂ©ricain devenu imprĂ©visible. Les nĂ©gociations sâintensifient aussi avec les membres du CPTPP, ce grand pacte commercial transpacifique que lâUE envisage dĂ©sormais de rejoindre en tant que partenaire « stratĂ©gique ».
Le paradoxe, câest que lâEurope reste un partenaire excĂ©dentaire des Ătats-Unis dans le commerce de biens : +154 milliards dâeuros en 2024. Mais ce surplus est compensĂ© par un dĂ©ficit de 104 milliards sur les services (cloud, logiciels, consulting), dâoĂč une balance commerciale nette favorable Ă lâUE dâenviron 50 milliards.
Pour rééquilibrer et dĂ©samorcer les tensions, Bruxelles propose dâacheter davantage de gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL), de soja ou de semi-conducteurs amĂ©ricains. Mais dans lâarĂšne politique amĂ©ricaine, ces offres ont peu dâĂ©cho. Trump, en campagne pour sa réélection, mise sur une posture de confrontation plus que de coopĂ©ration.
Et pendant ce temps, les chiffres sâalourdissent : selon les donnĂ©es Ă©voquĂ©es par Sefcovic au Parlement europĂ©en, 70 % des exportations europĂ©ennes vers les Ătats-Unis sont dĂ©jĂ soumises Ă des droits de douane oscillant entre 10 et 25 %. Lâagroalimentaire, les Ă©quipements industriels, les biens technologiques â tous sont dans la ligne de mire.
Loin de sâapaiser, le bras de fer transatlantique entre dans une phase plus structurelle. Ce qui semblait un Ă©pisode de tensions devient un pivot gĂ©oĂ©conomique majeur. Les rĂšgles du jeu mondial se redessinent sous nos yeux, entre protectionnisme amĂ©ricain, rĂ©orientation stratĂ©gique europĂ©enne, et reconfiguration du commerce mondial.
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