Voici ce que jâai pour vous cette semaine :
LE MINISTRE DE LâINTĂRIEUR, BRUNO RETAILLEAU, VEUT SUPPRIMER LâAIDE MĂDICALE DâĂTAT (AME) POUR LES ĂTRANGERS
Lâaide mĂ©dicale dâĂtat permet aux Ă©trangers qui se trouvent en situation irrĂ©guliĂšre de bĂ©nĂ©ficier de soins. Elle assure notamment une prise en charge Ă 100 % des soins mĂ©dicaux et hospitaliers comme les maladies, les maternitĂ©s, mais aussi les prothĂšses et soins dentaires ou encore les Ă©quipements dâoptique dans la limite des tarifs de la sĂ©curitĂ© sociale. Pour rappel, lâAME nâest pas automatique mais attribuĂ©e sous conditions de rĂ©sidence (rĂ©sider trois mois en France sans interruption) mais aussi sous conditions de ressources, et les demandeurs dâasile nây ont pas le droit. Dans les chiffres, 466 000 Ă©trangers seraient bĂ©nĂ©ficiaires de lâAME en 2023 selon les donnĂ©es de la Caisse nationale dâassurance maladie (CNAM) et cela reprĂ©sente environ 1,2 milliard dâeuros de dĂ©penses pour 2023, selon la Direction de la SĂ©curitĂ© sociale. Pour mettre ça en perspective, lâAME reprĂ©sentait en 2023 moins de 0,5 % des dĂ©penses de santĂ© en France. Au-delĂ de lâaspect Ă©conomique, cette rĂ©forme est aussi trĂšs politisĂ©e. LâAME est considĂ©rĂ©e depuis longtemps par la droite et lâextrĂȘme droite comme un dispositif attirant les Ă©trangers vers la France. Pour eux, l'existence mĂȘme de l'AME alourdit le coĂ»t des services publics et pĂšse sur les finances de l'Ătat, tout en exerçant une pression supplĂ©mentaire sur le systĂšme de santĂ© dĂ©jĂ sous tension. De lâautre cĂŽtĂ©, la majoritĂ© prĂ©sidentielle et la gauche sâoffusque dâune telle rĂ©forme en pointant du doigt que lâAME nâest pas un facteur dâimmigration en sâappuyant sur un rapport du CNRS qui indique que les motifs de santĂ© ne sont en effet Ă©voquĂ©s que par 9,5% des sans-papiers lorsquâils viennent en France. En d'autres termes, pour eux, la majoritĂ© des sans-papiers ne choisit pas la France spĂ©cifiquement pour bĂ©nĂ©ficier de l'accĂšs aux soins, mais pour des raisons bien plus larges comme les opportunitĂ©s Ă©conomiques, et pour fuir les conflits, la pauvretĂ© ou les persĂ©cutions. Plus globalement, ils estiment que ce dispositif AME incarne la tradition humanitaire de la France, garante du droit Ă la santĂ© pour tous, quelle que soit la situation administrative des individus.
TOUTES LES BANQUES EUROPĂENNES VONT LANCER âWEROâ
Au-delĂ de la France, ce sont 14 banques europĂ©ennes, dont toutes les françaises, qui comptent concurrencer les gĂ©ants des paiements comme PayPal, Visa ou encore Apple Pay. Lâobjectif est clair : permettre aux particuliers de rĂ©aliser des virements bancaires instantanĂ©s de compte Ă compte, donc entre banques diffĂ©rentes, directement Ă partir de son smartphone. Ce service, appelĂ© âWeroâ devrait ĂȘtre disponible dans toutes les banques françaises dâici janvier 2025, et le principe sera simple : pour envoyer de lâargent Ă un particulier, il suffira de connaĂźtre son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone mobile ou son adresse e-mail, chaque banque ayant reliĂ© le numĂ©ro dâun client ou son mail Ă son compte courant. Il sera Ă©galement possible de gĂ©nĂ©rer des QR Codes individuels pour Ă©viter dâavoir Ă communiquer son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone. LâidĂ©e est donc de directement concurrencer les services de ce type les plus utilisĂ©s en France Ă savoir PayPal et Lydia. Il sera aussi possible Ă terme dâenvoyer de lâargent en quelques clics aux dĂ©tenteurs dâun compte courant dans quatre autres pays partenaires : lâAllemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Le service sera en thĂ©orie gratuit mais certains imaginent que les banques pourraient se rĂ©munĂ©rer en augmentant, par exemple, les frais de tenue de compte, il faudra donc ĂȘtre vigilant sur ce sujet. Wero remplacera en France Paylib, la solution de paiement entre particuliers créée Ă lâinitiative des banques tricolores. Reste Ă savoir si Wero trouvera son public.
KIRGHIZSTAN : LA PLAQUE TOURNANTE ENTRE LâEUROPE ET LA RUSSIE
Ce petit pays enclavĂ© d'Asie centrale a vu ses exportations grimper en flĂšche aprĂšs les sanctions europĂ©ennes contre la Russie en 2022. Les chiffres sont Ă©difiants : Si les exportations du Kirghizstan vers la Russie sâĂ©levaient Ă 393 millions de dollars en 2021, donc avant lâinvasion russe, elles ont flambĂ© Ă plus de 1 milliard de dollars aprĂšs les sanctions europĂ©ennes en 2022, soit une hausse de plus de 250% selon les donnĂ©es du Fonds monĂ©taire international (FMI). De son cĂŽtĂ©, les exportations de la zone euro vers le Kyrgyzstan ont aussi flambĂ© dâenviron 1000%, avec des pays comme lâAllemagne, la Pologne, lâEspagne ou encore lâItalie qui ont dĂ©cuplĂ© leurs exportations vers ce petit pays. "Les Ă©changes les plus importants concernent les machines, lâautomobile, les produits de base, l'Ă©lectronique et l'Ă©quipement Ă©lectrique", selon Marius Dubnikovas, Ă©conomiste et vice-prĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration lituanienne des entreprises. Le Kirghizstan est l'un des partenaires les plus fidĂšles de la Russie dans la rĂ©gion. Il est membre de l'Union Ă©conomique eurasienne (UEE) et de l'Organisation du traitĂ© de sĂ©curitĂ© collective (OTSC), dirigĂ©es par la Russie. Comme lâexplique Vuk Vuksanovic, du think tank dĂ©diĂ© Ă la politique Ă©trangĂšre de la London School of Economics (LSE IDEAS), cela ne se produirait Ă©videmment pas s'il n'y avait pas encore de nombreux pays occidentaux, en particulier en Europe, toujours prĂȘts Ă commercer avec la Russie et Ă utiliser des failles juridiques et logistiques pour le faire. Au-delĂ du Kirghizstan, le Kazakhstan, l'ArmĂ©nie et la Georgie ont aussi vu leurs exportations en provenance dâEurope bondir, notamment dâAllemagne aprĂšs le paquet de sanctions imposĂ© Ă la Russie. Il est donc compliquĂ© pour lâEurope dâimposer des sanctions Ă tous ces pays pour Ă©touffer la Russie, Ă©tant donnĂ© quâil est aussi question de compĂ©titivitĂ© Ă©conomique mondiale puisque si lâEurope interdisait radicalement lâexportation vers tous ces pays, elle se tirerait finalement une balle dans le pied en cĂ©dant dans ce cas une partie du marchĂ© mondial Ă la concurrence d'autres pays, en particulier Ă la Chine.
LES ĂTATS-UNIS FONT FACE Ă LA PLUS GRANDE GRĂVE DES DOCKERS DEPUIS 1997
36 ports amĂ©ricains sont paralysĂ©s par 45 000 dockers en grĂšve, ce qui pourrait perturber le transport maritime mondial et aussi avoir des rĂ©percussions sur lâinflation. Pour faire simple, lâInternational Longshoremen's Association (ILA), qui est le principal syndicat du secteur maritime amĂ©ricain en rĂ©unissant 85 000 adhĂ©rents, appelle Ă cesser le travail dans les ports amĂ©ricains. Les grĂ©vistes accusent les grands transporteurs d'avoir engrangĂ© des profits records estimĂ©s Ă 180 milliards de dollars Ă l'Ă©poque du Covid, sans en faire bĂ©nĂ©ficier les salariĂ©s. Ils rĂ©clament une augmentation de leur salaire de 77% sur six ans et dĂ©noncent Ă©galement l'automatisation progressive de leurs activitĂ©s qui menacent le maintien des emplois. DĂ©sormais, presque toute la cĂŽte Est est paralysĂ©e et ça pose problĂšme puisque cette zone reprĂ©sente 57 % des importations amĂ©ricaines, et reprĂ©sente la liaison maritime principale entre les Ătats-Unis et lâEurope. Dâun point de vue logistique, la l'US Maritime Alliance (USMX), qui reprĂ©sente les employeurs des ports de l'Est et du Golfe des Ătats-Unis, ont expliquĂ© que prĂšs de 150 porte-conteneurs sont en route vers les ports, et prĂšs de 100 000 conteneurs attendent dâĂȘtre dĂ©chargĂ©s rien qu'Ă New York. Des gĂ©ants comme Walmart, qui dĂ©pend de ces ports amĂ©ricains pour environ 86 % de ses importations totales aux Ătats-Unis, et Costco ont dĂ©jĂ prĂ©venu que cette grĂšve aura des impacts dans leurs magasins. Selon les analystes de JP Morgan, les estimations de l'impact Ă©conomique de la grĂšve atteignent jusquâĂ 5 milliards de dollars par jour. Les dirigeants de lâindustrie affirment quâune grĂšve qui se prolongerait au-delĂ de dix jours aurait un impact sĂ©rieux sur lâĂ©conomie. Le syndicat des employeurs et celui des salariĂ©s nâarrivent pour lâinstant pas Ă se mettre dâaccord sur les conditions du nouveau contrat-cadre dâune durĂ©e de 6 ans. Le gouvernement pourrait activer la loi Taft-Hartley qui donne le pouvoir au prĂ©sident d'imposer une pĂ©riode de « cooling-off », câest-Ă -dire un moratoire de 80 jours, durant laquelle les travailleurs sont obligĂ©s de reprendre le travail ou de suspendre la grĂšve pour donner du temps aux nĂ©gociations sans interruption des activitĂ©s. Mais le gouvernement Ă dâores et dĂ©jĂ expliquĂ© quâil nâinterviendrait pas dans cette grĂšve en prĂ©fĂ©rant un accord Ă lâamiable. Harold Daggett, prĂ©sident du syndicat des dockers a expliquĂ© je cite : "La grĂšve durera aussi longtemps quâil le faudra."
FRANCE : VERS UNE HAUSSE DâIMPĂT POUR LES PLUS RICHES
Le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, a indiquĂ© ce jeudi que la hausse dâimpĂŽt concernera uniquement les plus aisĂ©s. Il a expliquĂ© sur le plateau de France 2 : âon parle de 0,3 %, un mĂ©nage sans enfant qui touche des revenus dâĂ peu prĂšs 500 000 euros par an, (âŠ) nous pouvons demander lĂ©gitimement aux contribuables de participerâ. Son ministĂšre a prĂ©cisĂ© que la mesure concernerait environ 75 000 mĂ©nages les plus riches sur plus de 30 millions que compte la France. Par ailleurs, les grosses entreprises seraient aussi dans le collimateur du gouvernement. Barnier envisagerait notamment dâaugmenter de 8,5 points le taux de lâimpĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s, qui est aujourdâhui Ă 25%, pour les entreprises rĂ©alisant au moins 1 milliard dâeuros de chiffre d'affaires. Alors quâest-ce que cela implique ? Ăvidemment ces mesures sont motivĂ©es par la volontĂ© de rĂ©duire le dĂ©ficit public hors de contrĂŽle qui devrait dĂ©passer les 6% cette annĂ©e, et Barnier doit trouver 60 milliards dâeuros pour le ramener Ă 5%, et cela passe par une rĂ©duction des dĂ©penses publiques et une augmentation des impĂŽts. Maintenant, augmenter lâimpĂŽt sur les plus fortunĂ©s est Ă double tranchant. Dâun cĂŽtĂ©, les riches ont une plus grande capacitĂ© contributive pour aider au redressement des finances publiques. Mais de lâautre, le risque Ă©tant de faire fuir les mĂ©nages les plus riches dans dâautres pays oĂč la fiscalitĂ© est plus avantageuse, ce qui est relativement facile au sein de lâUnion EuropĂ©enne. Si cela se produit en masse, le pays perd non seulement des contribuables fortunĂ©s, mais aussi potentiellement des entrepreneurs, investisseurs, et des capitaux qui pourraient ĂȘtre rĂ©investis dans l'Ă©conomie locale. Pour Ă©viter ça, il est important que cette hausse dite âexceptionnelleâ respecte son aspect temporaire pour une durĂ©e limitĂ©e, ce qui nâa quasiment jamais Ă©tĂ© le cas sous la VĂšme RĂ©publique, car ils se sont finalement transformĂ©s en impĂŽt dĂ©finitif. Lors de son discours devant lâAssemblĂ©e nationale ce mardi, Michel Barnier a Ă©voquĂ© dâautres mesures Ă©conomiques : La revalorisation du SMIC de 2% dĂšs le 1er novembre prochain, mais aussi la crĂ©ation dâun nouveau livret dâĂ©pargne qui aura pour vocation de soutenir lâactivitĂ© industrielle du pays. Face Ă la crise du logement, Barnier se dit âfavorable Ă l'extension du prĂȘt Ă taux zĂ©roâ (PTZ), et ce âsur tout le territoireâ. Le Premier ministre indique aussi vouloir âsimplifier au maximum les normes qui pĂšsent sur la construction des logements neufs ou Ă la rĂ©habilitation des anciensâ.
Lâexploration Ăco de la semaine
Un effort de 60 milliards dâeuros
Le gouvernement français est sur le point de dĂ©voiler son projet de loi de finances pour 2025, avec un objectif clair : rĂ©duire drastiquement le dĂ©ficit public et retrouver une certaine stabilitĂ© budgĂ©taire. Ce plan repose sur deux piliers majeurs : 40 milliards dâeuros de coupes dans les dĂ©penses publiques et 20 milliards dâeuros de hausses dâimpĂŽts. Cette approche est destinĂ©e Ă atteindre un dĂ©ficit de 5 % du PIB dâici 2025, alors que la France fait face Ă un dĂ©ficit estimĂ© Ă 6,1 % pour lâannĂ©e 2024 - bien Ă©loignĂ© de la rĂšgle europĂ©enne des 3 %.
Le contexte dâune dette en hausse
L'annĂ©e 2024 a vu la dette publique grimper Ă 113 % du PIB, et cette tendance devrait se poursuivre avec une prĂ©vision de 115 % en 2025. Cette situation fait suite Ă des prĂ©visions budgĂ©taires initiales du prĂ©cĂ©dent gouvernement, qui avaient fixĂ© un objectif de dĂ©ficit de 4,1 % pour 2024. Mais avec la hausse des dĂ©penses publiques et une croissance Ă©conomique modĂ©rĂ©e, la trajectoire sâest dĂ©gradĂ©e. Au total, Bercy vise des dĂ©penses publiques de 1 700 milliards d'euros l'an prochain, ce qui correspondrait Ă un lĂ©ger recul du ratio des dĂ©penses par rapport au PIB (de 56,8 % Ă 56,3 % en 2025). Le gouvernement Barnier a dĂ©sormais ajustĂ© cette ambition, visant un retour Ă un dĂ©ficit de 3 % dâici 2029, deux ans plus tard que prĂ©vu initialement.
40 milliards dâĂ©conomies dans les dĂ©penses
Les 40 milliards dâeuros dâĂ©conomies se rĂ©partiront dans plusieurs secteurs, bien que de nombreuses mesures restent encore floues. Parmi les pistes envisagĂ©es, lâĂtat prĂ©voit dâajouter 5 milliards dâeuros aux Ă©conomies dĂ©jĂ programmĂ©es par Gabriel Attal, ce qui porterait Ă 15 milliards les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es au niveau de lâĂtat. La SĂ©curitĂ© sociale sera Ă©galement mise Ă contribution, Ă hauteur de 13 milliards dâeuros, et les collectivitĂ©s locales devront trouver 7 milliards dâĂ©conomies.
Des taxes âĂ©cologiquesâ et des hausses dâimpĂŽts
Du cĂŽtĂ© des recettes, le gouvernement prĂ©voit dâaugmenter temporairement les impĂŽts pour les grandes entreprises et les mĂ©nages les plus aisĂ©s, contribuant Ă hauteur de 20 milliards dâeuros. Une partie de ces augmentations, Ă savoir 1,5 milliard dâeuros, sera collectĂ©e via des âtaxes Ă©cologiquesâ ciblant notamment les vĂ©hicules thermiques et les voitures polluantes. Ces mesures visent Ă renforcer lâimpact Ă©cologique de la fiscalitĂ©, tout en rĂ©pondant aux besoins budgĂ©taires.
Prévisions de croissance prudentes
Contrairement aux prĂ©visions plus ambitieuses du prĂ©cĂ©dent gouvernement, lâĂ©quipe de Barnier se montre prudente. Le projet de budget table sur une croissance de 1,1 % en 2024, en ligne avec les prĂ©visions de lâInsee, et une inflation maĂźtrisĂ©e Ă 1,8 % pour 2025. Cette modĂ©ration permet de justifier les coupes dans les dĂ©penses publiques tout en Ă©vitant de compromettre la relance Ă©conomique Ă moyen terme.
Un effort budgĂ©taire dâune ampleur inĂ©dite
Au total, avec un besoin de financement dâenviron 150 milliards dâeuros pour 2025, ce plan budgĂ©taire est crucial pour rĂ©tablir les finances publiques. Cependant, les dĂ©fis restent nombreux, notamment en matiĂšre de croissance Ă©conomique et de gestion de la dette. Le gouvernement espĂšre que cet effort collectif permettra de stabiliser les finances publiques Ă long terme, tout en respectant, Ă terme, les rĂšgles budgĂ©taires europĂ©ennes.
Ce projet de loi de finances, qui sera prĂ©sentĂ© officiellement le 10 octobre 2024, marque donc un tournant dans la politique budgĂ©taire française, avec des mesures dâaustĂ©ritĂ© importantes destinĂ©es Ă remettre le pays sur une trajectoire budgĂ©taire plus soutenable.
Le Graphâ de la semaine
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