Aux États-Unis, la colère contre l’ICE (la police de l’immigration) enfle après une série d’opérations et un drame à Minneapolis, au point de contaminer un autre dossier brûlant : le financement de l’État fédéral. Résultat : à quelques jours d’une échéance budgétaire, le spectre d’un shutdown revient et les marchés détestent ce genre d’incertitude.
À Minneapolis (Minnesota) aux États-Unis, il y a comme une triste sensation de déjà-vu en trois semaines, après un deuxième décès provoqué par des agents fédéraux de l’immigration. Avant d’aller plus loin, petit point sur la “police immigration” des États-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) est l’agence fédérale chargée de faire appliquer une grande partie des règles liées à l’immigration et à certaines infractions “transfrontalières”. Elle dépend du DHS, le Department of Homeland Security (le ministère de la Sécurité intérieure). Dans la maison ICE, il y a deux “moteurs” qu’on confond souvent. D’un côté, ERO (Enforcement and Removal Operations) : c’est la branche qui procède aux interpellations, à la rétention et aux expulsions. De l’autre, HSI (Homeland Security Investigations) : plutôt l’enquête, les trafics, la fraude, la contrebande. Dit simplement : ERO, c’est le volet le plus visible et le plus polémique ; HSI, c’est le volet “police judiciaire” version fédérale.
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