Voici ce que j’ai pour vous cette semaine :
LA RUSSIE VA AUGMENTER LES IMPÔTS POUR FINANCER LA GUERRE EN UKRAINE
Bien que le pays ait brillamment réussi à réorienter ses exportations d'avant-guerre d’énergies fossiles, de pétrole, de gaz et de charbon vers l’Asie et le Moyen-Orient, cela ne suffit pas pour faire face aux dépenses militaires. En fait, en 2023, les dépenses militaires de la Russie représentaient 16 % des dépenses totales du gouvernement, soit 5,9% du PIB, ce qui permet à l’activité des usines d’armement de tourner à plein régime. Des dépenses qui sont loin d’être compensées par les recettes puisque le déficit budgétaire du pays s’élève à 73 milliards de dollars sur deux ans. Le ministère russe des Finances a donc annoncé qu’il allait augmenter les taux d’imposition pour remplir les caisses de l’Etat. Alors que jusqu’à présent le taux d'imposition sur le revenu en Russie s'élèvent à 13 % pour les personnes gagnant moins de 55 850 dollars par an et à 15 % pour celles qui gagnent plus, en 2025, le premier taux d’imposition débutera à 15% et augmentera progressivement jusqu’à 22% pour les russes déclarant plus de 500 000 dollars de revenus par an. Augmenter les impôts est également un moyen de lutter contre la surchauffe de l’économie. Avec beaucoup plus d’argent entrant dans l’économie, les prix ont augmenté ces derniers mois. L'inflation reste obstinément élevée en Russie, avec des prix en avril augmentant de 7,8 % sur un an.
LE TRANSPORT AÉRIEN VA BATTRE DES RECORDS EN 2024
Ce sont pas moins de 4,96 milliards de passagers qui devraient prendre l’avion cette année selon l’Association internationale du transport aérien (Iata). Dans ce cadre, le secteur du transport aérien devrait atteindre un niveau inédit de chiffre d’affaires qui avoisinerait les 1000 milliards de dollars. En revanche, les coûts des compagnies aériennes devraient battre eux aussi des records cette année, à 936 milliards de dollars, selon l’organisation. Cela sera en particulier nourri par une envolée de la facture de carburant de 291 milliards, soit 31 % des coûts opérationnels. Par ailleurs, Willie Walsh, le directeur général de l’Iata pense que ces coûts, qui grèvent la rentabilité des compagnies pourraient perturber les investissements nécessaires pour parvenir à l’objectif de zéro émission nette de CO2 en 2050. Le transport aérien émet actuellement moins de 3 % du CO2 mondial, mais reste tout de même pointé du doigt pour sa contribution au réchauffement climatique, d’autant plus que ce chiffre de 3% doit en réalité être plus élevée car les avions produisent aussi des oxydes d’azote et des traînées de condensation.Pour parvenir à zéro émission nette de CO2 à l’horizon 2050, l’Iata mise à 65 % sur les carburants d’origine non fossile notamment grâce à l’hydrogène, une optimisation des opérations au sol et dans les airs, et des compensations carbone. Mais pour l’instant, l’utilisation de carburants d’origine non fossile ne représente que 0,53 % de la consommation mondiale totale de carburant du transport aérien commercial en 2024 selon l’association.
LA FRANCE FAIT PARTIE DES PAYS QUI TAXENT LE PLUS LES HÉRITAGES
Et les français sont en grande majorité contre l’impôt sur les droits de succession. 80% des français de plus de 45 ans sont contre, 75% estiment que le patrimoine a déjà été assez imposé durant la vie de la personne et 49% jugent qu’on paie déjà suffisamment d’impôts en France, selon un sondage Opinion Way réalisé en 2022. Il faut dire que la France n’y va pas de main morte pour faire les poches des citoyens au moment de l’héritage. Le taux d’impôt peut atteindre 45% entre parents et enfants à partir de 1,8 million d'euros, il est de 20% entre 16 000 et 555 000 euros après un abattement de 100 000 euros. À titre de comparaison, le taux est de 4 % en Italie après un abattement de 1 million d'euros et il faut un patrimoine de 26 millions d'euros en Allemagne pour atteindre une tranche à 30 %. Chiffre très révélateur, les successions représentent 0,7 % du PIB en France, contre seulement 0,2 % pour la moyenne européenne. En Australie, l'impôt sur les successions a été aboli en 1979 ; au Canada, en 1972 ; en Suède, en 2004 : malgré l'absence de cet impôt, le pays jouit d'un des plus faibles niveaux d'inégalité sociale au monde. Il n'existe pas de droits de succession au Portugal, en Autriche, en Norvège, au Luxembourg… Bien souvent, l’idée derrière cet impôt est de réduire les inégalités de richesse. Mais force est de constater que ces pays ne sont pas plus inégaux que la France. Pour réduire les inégalités, il convient de s'assurer d'une instruction de haut niveau, de permettre l'accession à un logement décent, d'offrir l'accès universel aux soins.
L’EUROPE VA TAXER LES CÉRÉALES RUSSES MAIS PAS LES ENGRAIS À PARTIR DU 1ER JUILLET
En revanche, il a été décidé de ne pas taxer les engrais provenant de Russie. Sur le papier, c’est une aberration, mais tout s’explique avec les chiffres. Si les céréales provenant de Russie constituent environ 1% de l’ensemble des céréales importées en Europe, qui seront désormais taxées entre 93 euros et 95 euros la tonne à partir du 1er juillet, ce n’est pas la même affaire pour les engrais. Très concrètement, rien qu’à l'échelle de la France, 60% à 70% de ses besoins d’engrais proviennent de l’étranger. Selon le média spécialisé TVagri qui a fait les calculs, les engrais russes représentent désormais 1/7e du marché français. Cerise sur le gâteau, les exportations d’engrais russes vers la France ont bondi de plus de 80% en seulement 2 ans, et ce malgré le conflit en Ukraine. La raison est simple : ces produits russes sont moins chers que la concurrence de 5% environ. Les prix sont cassés, car il faut beaucoup de gaz pour faire des engrais, et le gaz russe n'est pas cher. Comme le souligne, Jean-Luc Bourgeaux, député d'Ille-et-Vilaine : “les importations d’engrais russes ont atteint plus de 725 000 tonnes sur 11 mois en 2023 contre 442 000 en 2021 avant le déclenchement de la guerre en Ukraine”. Et cette tendance ne concerne pas seulement la France. En Europe, les importations d’urée (engrais azoté le plus utilisé au monde) en provenance de Russie ont augmenté de 53 % sur la période 2022 - 2023, doublant les volumes enregistrés en 2020-2021. Sur ce total, 40 % provenaient de Moscou. L’Europe ne peut pas se passer des engrais russes sous peine d’asphyxier l'agriculture européenne. Résultat : on ne taxe pas l’engrais russe.
IL N’Y A JAMAIS EU AUTANT DE RICHES DANS LE MONDE
Les personnes qui détiennent plus de 1 million de dollars sans compter la résidence principale ont augmenté de 5,1% en 2023 selon une étude publiée par Capgemini ce mercredi. Leur fortune cumulée a elle aussi augmenté, avec un patrimoine total estimé de 86.800 milliards de dollars, soit une hausse de 4,7% par rapport à l'année précédente. En nombre de personnes concernées et en fortune, il s'agit de deux records depuis que Capgemini a commencé à publier cette étude annuelle en 1997. Cette envolée s’explique principalement par la hausse des places boursières dans le monde l’année dernière : l'indice Nasdaq américain s'est envolé de 43% et le S&P 500 de 24% en 2023, pendant qu'à Paris l'indice CAC 40 a pris 16% et le DAX à Francfort 20%. L'Amérique du Nord a connu l'an dernier la plus forte progression en nombre de particuliers millionnaires avec une hausse de 7,1% ainsi qu'en fortune (+7,2%), devant l'Asie-Pacifique et l'Europe. Face à l’augmentation du nombre de personnes fortunées, plusieurs institutions plaident pour un impôt minimum mondial sur les hauts patrimoines. Au G20, le Brésil et la France poussent pour un impôt qui pourrait rapporter 250 milliards de dollars supplémentaires, si les 3000 milliardaires de la planète payaient au moins l'équivalent de 2% de leur fortune en impôts sur le revenu. Une proposition toujours en discussion.
L’exploration Éco de la semaine
Première baisse de taux de la BCE en 5 ans
La Banque centrale européenne (BCE) a réduit ses taux d'intérêt pour la première fois en près de 5 ans, plus rapidement que ses homologues américaine et britannique, mais en avertissant que les pressions sur les prix restent élevées.
Taux directeurs de la BCE
Les tendances pour les prochains mois
La BCE a abaissé son taux de dépôt de référence d'un quart de point de pourcentage, à 3,75 %, après la réunion de son conseil des gouverneurs à Francfort jeudi. Les traders sur les marchés de swaps ont légèrement réduit leurs paris sur une deuxième réduction d'ici septembre, à 65 %, contre 70 % avant l'annonce.
La banque a déclaré qu’il était « désormais approprié de modérer le degré de restriction de la politique monétaire » en réponse à une baisse de plus de 2,5 points de pourcentage de l’inflation depuis sa dernière augmentation de taux en septembre 2023. Mais elle a averti qu’elle “ne s’engageait pas à l’avance à une trajectoire de taux particulière” et a averti que “les pressions sur les prix intérieurs restent fortes alors que la croissance des salaires est élevée, et que l’inflation devrait rester supérieure à l’objectif jusqu’à l’année prochaine”.
Lors d'une conférence de presse, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que l'inflation devrait “fluctuer autour des niveaux actuels” pour le reste de l'année avant de diminuer l'année prochaine. Lagarde prévoit que la croissance des salaires ralentira et que la productivité des travailleurs s'améliorera au cours de l'année, contribuant ainsi à atténuer les pressions sur les coûts de main-d'œuvre pour les entreprises.
Les données publiées la semaine dernière ont montré que l’inflation de la zone euro s’est accélérée pour la première fois cette année pour atteindre 2,6 % en mai, après avoir ralenti après un pic supérieur à 10 % en 2022. En relevant ses prévisions pour cette année et l'année suivante, la BCE a déclaré que l'inflation serait en moyenne de 2,5 % en 2024, de 2,2 % en 2025 et de 1,9 % en 2026.
La décision de jeudi intervient un jour après une baisse similaire des taux par la Banque du Canada et fait suite à des décisions antérieures d'assouplissement de la politique monétaire des banques centrales du Brésil, du Mexique, du Chili, de la Suisse et de la Suède cette année.
En revanche, la Réserve fédérale américaine devrait maintenir ses taux la semaine prochaine à leur plus haut niveau depuis 23 ans, entre 5,25 et 5,5 %, après que les pressions sur les prix dans la plus grande économie mondiale se soient révélées plus tenaces que prévu.
Il est également peu probable que la Banque d'Angleterre abaisse son taux d'escompte de 5,25 %, son plus haut niveau depuis 16 ans, lors de sa réunion du 20 juin. La BCE a relevé sa prévision de croissance pour cette année de 0,6 % à 0,9 %. Il s’attend à une croissance de 1,4 %l’année prochaine et de 1,6 % en 2026.
Le Graph’ de la semaine
Élections européennes 2024 : ce que suggèrent les sondages dans l'UE - Statista
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