Voici ce que j’ai pour vous cette semaine :
LITHIUM - FRANCE : LANCEMENT L’UN DES PLUS GROS PROJETS EUROPÉENS
20 ans après la fermeture de la dernière mine de charbon en Moselle, le projet d’ouverture d’une mine de lithium à Echassières (Allier) qui est porté par la société Imerys s'accélère. Elle permettra de produire 34.000 tonnes d'hydroxyde de lithium par an et d'équiper les batteries de 700.000 voitures électriques chaque année pendant au moins 25 ans. Et ce projet vient de rejoindre la liste des “projets d’intérêt national majeur” selon un décret publié ce dimanche au Journal officiel. Et rejoindre cette liste permet aux projets industriels d’importance pour la transition écologique ou la souveraineté nationale de bénéficier de mesures d’accélération ou de dérogation administratives. Plus globalement, l’exploitation de cette mine de lithium permettrait à la France de réduire sa dépendance à l’égard de la Chine et de l’Australie, dont elle dépend totalement aujourd’hui, et pourrait donc directement exploiter le lithium sur sol dans le Massif Central. En 2022, le lithium minier venait à 47 % d’Australie, 30 % du Chili et 15 % de Chine. En Europe, seul le Portugal produit un peu de lithium à hauteur de 0,5 % de la production minière mondiale selon les données de l’institut d’études géologiques américain (USGS). Ce projet permettra donc à la France de devenir un acteur phare de la production de Lithium en Europe, d’autant plus que les véhicules thermiques doivent être interdits à la vente dans l’Union européenne à partir de 2035, ce qui pourrait donc propulser la production de voitures électriques, et donc implicitement faire bondir la demande de lithium. En France, ce projet devrait permettre de générerait 500 emplois directs et 1 000 emplois indirects selon la société. En revanche, le lancement de la mine, prévu pour 2028, subit des critiques sur ses conséquences environnementales. En effet, la mine devrait générer 2 millions de tonnes de résidus par an et absorber une quantité colossale d’eau dans la région.
AUTOMOBILES : DE NOUVEAUX ÉQUIPEMENTS VONT ÊTRE OBLIGATOIRES SUR LES VOITURES NEUVES
Depuis dimanche minuit, une nouvelle réglementation européenne impose une série de nouveaux équipements de sécurité dans les voitures vendues neuves. Elles vont disposer de huit nouveautés : 1. Un dispositif de freinage d’urgence autonome ; 2. La détection d’obstacle en marche arrière ; 3. Une alerte de la perte d’attention ou de somnolence du conducteur ; 4. Une aide active au maintien dans la voie ; 5. L’alerte de survitesse avec lecture des panneaux ; 6. Un système de surveillance de pression des pneus ; 7. Un enregistreur de données, comme la vitesse et la décélération, lors d’accidents ; 8. Un pré-équipement pour pouvoir installer un éthylotest anti-démarrage. La réglementation prévoit d’avoir la possibilité d’en désactiver certaines, soit en programmant l’ordinateur de bord, soit en décochant les alertes une par une après chaque démarrage. Le risque, c’est que le coût de ces nouveaux équipements de sécurité, de l’ordre de 300 euros en moyenne, soit facturé en plus sur les modèles d’entrée de gamme. Alors que pour ces véhicules la notion de prix est un facteur déterminant dans l’acte d’achat. Du côté des voitures haut de gamme, elles sont déjà en grande partie équipées de ces équipements. L’objectif avancé par le législateur européen est d’éviter 25 000 décès d’ici 2038 pour atteindre le zéro mort sur les routes en 2050 et de réduire la gravité des blessures. En 2022, 20 640 personnes sont mortes sur les routes européennes.
BOEING : LA SÉRIE NOIRE CONTINUE
Le régulateur américain de l’aviation (FAA) a indiqué que 2600 avions de la famille des 737 MAX de Boeing doivent être “immédiatement” inspectés. Cela concerne les modèles d’avion 737-8,-9,-8200,-700,-800 et -900ER, c’est-à -dire d’anciennes et nouvelles générations. La directive concerne le dispositif de masques à oxygène mis à disposition des passagers en cas de dépressurisation de la cabine pendant le vol. En attendant d'être inspectés, le régulateur n’a pas contraint Boeing à clouer au sol les avions concernés. Pour rien arranger, Boeing est de nouveau pointé du doigt par un lanceur d'alerte. Il s'appelle Richard Cuevas et a travaillé pour Spirit AeroSystems, principal sous-traitant de Boeing. Il a saisi l'Agence américaine de régulation de l'aviation civile (FAA) car, selon lui, des ouvriers auraient percé des trous trop grands dans les cloisons de fuselage du modèle long-courrier du constructeur, le 787, ce qui entraînait un risque de panne électrique et de dépressurisation en vol. Boeing a indiqué avoir corrigé ces problèmes, et Spirit AeroSystems dit examiner le dossier. Mi-avril, déjà quatre autres lanceurs d’alerte, dont un ingénieur et des anciens employés de Boeing, ont témoigné devant une commission d'enquête du Sénat américain pour prévenir de « graves problèmes » de production sur des avions Boeing 737 MAX, 787 Dreamliner et 777. En bourse, l’action de la société reste en baisse de plus 28% depuis le début de l’année.
QUELLES SERAIENT LES CONSÉQUENCES D’UN SMIC À 1600 COMME VOULU PAR LE NFP ?
Pour Gabriel Attal, faire passer le Smic actuellement fixé à 1398,70 euros à 1600 euros, soit une hausse de 14,4%, détruirait 500 000 emplois. Prenons un peu de recul sur cette mesure. Premier constat, une étude publiée en 2000 et rédigée par Francis Kramarz avec Thomas Philippon, aujourd'hui professeur à la New York University, montre qu'une augmentation du salaire minimum de 1 % en France aboutit, un an plus tard, à la destruction d'environ 15 000 emplois à cause du coût des charges qui y sont associés. D’ailleurs l’éditeur de ce travail n’est d’autre que Thomas Piketty, économiste qui soutient aujourd'hui le programme économique du NFP. La mesure fait surtout grincer des dents les très petites et moyennes entreprises (TPE-PME) qui représentent près de 4,5 millions d'entreprises et 6,9 millions de salariés en France selon les chiffres de l'Insee. D’après, Marc Sanchez, secrétaire Général du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI), le Smic à 1.600 euros net par mois génère « une hausse pour l'entreprise de 530 à 550 euros » par salarié. “Si l'entreprise compte trois salariés au Smic, cela monte à 1.500 euros par mois et 18.000 euros par an”. Par ailleurs, cette augmentation du SMIC ferait grimper le nombre d’employés payés au salaire minimum. Le SMIC concernait déjà 17,3 % des salariés en France en 2023. Pour Francis Kramarz, cette nouvelle hausse ferait passer ce pourcentage entre 30% et 40%. Pour Gilbert Cette, qui a présidé le comité d’experts du Smic entre 2017 et 2024 : “Les chefs d'entreprise auront tendance à licencier ou à ne plus embaucher des personnes dont la productivité est faible. Cela va concentrer et encore plus tasser la hiérarchie des salaires autour du Smic, ce qui risque de susciter beaucoup de frustrations pour les salariés qui ont obtenu des primes et se voient rattraper par d'autres”.
LES AGENCES DE NOTATION INTERNATIONALES AVERTISSENT LA FRANCE SUR SA SITUATION BUDGÉTAIRE
Deux des trois principales agences de notation financière, à savoir Moody's et Standard & Poor’s, ont exprimé leurs inquiétudes concernant les finances publiques du pays suite à la recomposition de l’Assemblée nationale. Standard & Poor’s avait déjà dégradé la note de la dette de la France il y a deux mois, la faisant passer de “AA” à “AA-”. Plus précisément, les deux agences sont maintenant particulièrement inquiètes du projet d’abrogation de la réforme des retraites portée par le Nouveau Front Populaire qui détient le plus grand nombre de députés dans l’hémicycle et dont le coût du programme global avoisine les 200 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Pour Moody’s, la réforme des retraites est jugée cruciale pour le maintien de la soutenabilité des finances publiques françaises, alors que Standard & Poor’s pointe du doigt pour sa part les risques accrus pesant sur le profil de crédit de la France, en cas de remise en cause de cette réforme. Les deux agences se rejoignent sur un point : sans mesures adéquates pour assurer l'équilibre budgétaire, la confiance des investisseurs sera ébranlée. Des avertissements qui interviennent alors que la dette et le déficit public atteignent des niveaux alarmants, qui font de la France l’un des plus mauvais élèves d’Europe en la matière, et que dans un même temps règne une instabilité politique dans le pays. Et signe que les investisseurs internationaux, qui détiennent la majorité de la dette française, sont de plus en plus méfiants, le taux auquel l’Etat Français emprunte sur les marchés financiers pour financer ses dépenses est passé de 2,46% en janvier 2024 à 3,12% aujourd’hui. Une sorte de baromètre de la peur, qui en dit long sur la confiance des investisseurs.
L’exploration Éco de la semaine
Le président de la Banque centrale française, François Villeroy de Galhau, met en garde contre un “choc” d’incertitude politique
Le gouverneur de la Banque centrale française a mis en garde contre un « choc » d'incertitude politique et a déclaré que les chefs d'entreprise ralentissaient leurs investissements et leurs embauches pour se protéger contre d'éventuelles augmentations d'impôts.
"Les chefs d'entreprise nous font part de leurs inquiétudes face à l'attentisme de leurs clients qui préfèrent épargner plutôt que dépenser, face au report des investissements et face au gel des embauches", a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau sur France Info.
François Villeroy de Galhau - © Benjamin Girette/Bloomberg
Les élections législatives anticipées provoquées par le président Emmanuel Macron ont donné lieu à une Assemblée fragmentée dans laquelle aucun parti ni aucune alliance n'a de voie claire vers le pouvoir, ce qui accroît les inquiétudes quant au fait que le déficit public croissant de la France ne soit pas maîtrisé de sitôt. « Il y a une deuxième règle d'or qui concerne les déficits, c'est qu'on ne peut pas creuser plus profond. Ils pèsent sur notre souveraineté et coûtent de plus en plus cher à financer », a déclaré M. Villeroy de Galhau.
Le NFP, arrivé en tête lors du scrutin de dimanche, a déclaré qu'il souhaitait relever le salaire minimum net à 1 600 euros par mois, ainsi que rétablir une forme d'impôt sur la fortune que Macron avait transformé en impôt foncier. L'alliance de gauche veut également abroger la réforme des retraites de Macron qui a relevé l'âge de départ à la retraite de deux ans, à 64 ans.
Macron a laissé entendre mercredi qu'il ne voulait pas désigner un Premier ministre issu du NFP de gauche parce qu'un élément clé de l'alliance comprend un parti d'extrême gauche, La France Insoumise, qu'il considère comme défendant des positions contraires aux normes démocratiques.
La prime de risque sur la dette française à 10 ans par rapport à la dette allemande a augmenté à 0,85 point de pourcentage avant le premier tour des élections législatives françaises, son niveau le plus élevé depuis le plus fort de la crise de l'euro et en hausse par rapport à 0,5 point de pourcentage avant le déclenchement des élections. Les investisseurs ont toutefois été rassurés par le fait que ni le RN d'extrême droite ni l'alliance de gauche n'ont remporté la majorité absolue.
Le gouvernement Macron avait déjà commis une erreur en matière de déficit budgétaire en 2023, dépassant largement son objectif de 4,9 % du PIB pour terminer l'année à 5,5 %. Il a imputé ce manque à gagner à des recettes fiscales inférieures aux prévisions après des années de dépenses importantes, notamment pendant la pandémie de Covid-19. Cela a ajouté une pression supplémentaire sur tout gouvernement quant à sa marge de manœuvre, étant donné que l'UE a placé la France dans une procédure dite de “déficit excessif”.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a déclaré jeudi que la France devait viser 25 milliards d'euros de coupes budgétaires en 2024, soit plus que les 20 milliards qu'il avait précédemment évoqués. Il a prévu 5 milliards d'euros de nouveaux gels de dépenses qui pourraient être débloqués et modifiés par le prochain gouvernement, a déclaré M. Le Maire aux journalistes. Quelque 15 milliards d'euros de coupes budgétaires ont déjà été réalisées cette année.
« Soit on continue sur la voie des économies et du redressement des finances publiques, a déclaré Bruno Le Maire. Soit on s'engage sur la voie d'une hausse massive des impôts pour les Français. C'est la seule alternative, sinon on s'expose à une réaction très forte des marchés. »
Le Graph’ de la semaine
Quels pays gagnent ou perdent le plus d'habitants ? - Statista
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