Voici ce que j’ai pour vous cette semaine :
POUR 10 MILLIONS DE FRANÇAIS, LA FACTURE DE GAZ VA
AUGMENTER DE 11,17% À PARTIR DE JUILLET
Pour comprendre cette flambée du gaz, il faut partir du côté de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui a pour but de superviser le marché de l'électricité et du gaz dans le pays. En début d’année, elle a décidé de revaloriser pour 4 ans le tarif d'acheminement du gaz qui arrive vers les maisons et les entreprises. Autrement dit, c'est le péage que facture GRDF aux fournisseurs de gaz qui augmente, et qui se répercute donc sur les consommateurs. Et cette part d’acheminement du gaz qui pèse pour un petit tiers de la facture augmente en raison d’une consommation nationale en baisse alors que les coûts, eux, ne baissent pas. Sur la période 2021-2023, la consommation gazière du pays a en effet reculé de 20 %. Or les réseaux, eux, sont toujours là , et doivent supporter des coûts d'entretien en hausse tout en permettant l'intégration progressive du biogaz. Autre cause de la flambée du prix, l’envolée de la taxe sur le gaz à avec la fin du bouclier tarifaire sur l'énergie mis en place en 2021. Dans les chiffres la taxe TICGN facturée aux consommateurs par les fournisseurs avant d’être redistribué à l’Etat a quasiment été multipliée par 2 en passant de 8,37euros/MWh à 16,37euros/MWh, ce qui devrait rapporter près de 1,9 milliard d’euros à l'Etat. Dernière variable, le prix du gros de gaz fixé par le CRE en fonction des cours du gaz sur les marchés. Avec un regain de tension au Moyen-Orient, les prix du gaz augmente légèrement ces dernières semaines, ce qui se répercute au bout du compte sur le tarif payé par les ménages et entreprises.
59% DES FRANÇAIS VEULENT RÉDUIRE LES AIDES SOCIALES POUR DIMINUER LE DÉFICIT PUBLIC
Selon un baromètre d’Odoxa, pour Challenges et BFM Business, deux tiers des Français (67%) estiment que la réduction du déficit de la dette serait bénéfique pour l’économie. Dans le détail, les sympathisants des Républicains (75%) et du Rassemblement national (70%) sont les plus nombreux à juger que le rétablissement des comptes publics est prioritaire. Pour restaurer les comptes publics, ces Français proposent de réduire les aides sociales, pour 59% d’entre eux, en hausse de 7 points sur un an. Ils suggèrent également de baisser le nombre de fonctionnaires, pour 57% des votants, en hausse de 3 points sur un an. Une vision surtout plébiscitée par les sympathisants des Républicains (78%), du Rassemblement national (74%) et de la majorité (69%). Près d’un Français sur deux (49%) serait aussi favorable à la réduction des aides aux entreprises, notamment sur les niches fiscales. Quelles que soient les idées, les Français font part de leur méfiance envers les partis politiques pour lutter contre le déficit et la dette. Les électeurs du RN sont ceux qui font le plus confiance à leur parti (33%), devant le Parti socialiste (25%), les Républicains (25%), Renaissance (22%), les Écologistes (20%) et la France insoumise (17%).
APPLE S’ASSOCIE À CHATGPT : UN AVEU D’ÉCHEC
La société américaine était attendue au tournant par ses utilisateurs lors de sa présentation lundi de ses nouvelles fonctionnalités liées à l’Intelligence Artificielle. Ses concurrents, comme Microsoft, Samsung et Google ont tous montré des efforts significatifs pour intégrer des outils d'intelligence artificielle dans leurs produits et services ces derniers mois. Apple n’avait plus le choix, elle ne pouvait plus attendre pour s’embarquer dans l'aventure de l’Intelligence Artificielle qui a permis à ses concurrents de booster leurs ventes. Et c’est chose faite. Lundi soir, Tim Cook, PDG d’Apple, a qualifié de “prochaine grande étape” le nouveau système “Apple Intelligence” qui promet de rendre l'assistant vocal Siri plus intelligent en s’appuyant sur ChatGPT ou encore de permettre aux utilisateurs de créer leurs propres emojis grâce à l'IA. Mais la collaboration avec ChatGPT est en quelque sorte un aveu de faiblesse du fabricant d’Iphones. Alors que la société était pionnière dans la commercialisation de nouvelles technologies, comme lorsque Siri a été lancé en 2011, Apple était en avance sur ses concurrents en cherchant à créer le premier assistant IA, et que surtout, elle avait la capacité de tout créer en interne sans faire appel à des entreprises tierces, ce n’est pas le cas cette fois–ci avec l’intelligence artificielle. Apple a pourtant intensifié ses efforts pour créer sa propre IA générative en interne. Typiquement, en février, l’entreprise a annulé ses efforts de plusieurs années qui visait à construire sa propre voiture électrique. Une partie des salariés avait été redéployée dans ces projets d’IA. Bien que le partenariat avec OpenAI, qui développe ChatGPT, est une avancée majeure et surtout indispensable pour Apple et ses utilisateurs, c’est aussi un échec sur le développement d’un IA maison propre à la marque.
LE SMIC VA AUGMENTER 2% DANS LES PROCHAINS MOIS
Alors que le salaire minimum a augmenté à 8 reprises depuis 2020 passant d’un SMIC mensuel net de 1218 euros à 1398 euros, une nouvelle augmentation devrait prochainement intervenir pour suivre le taux d’inflation indique la Banque de France. Plus précisément, selon Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France en charge des statistiques, des études économiques et des relations internationales : “Il devrait y avoir une revalorisation automatique du Smic au troisième trimestre, quand l’indice des prix hors tabac dépassera 2%”. Or, selon le Code du travail, la règle de revalorisation du SMIC est claire. Elle est enclenchée lorsque “l’indice national des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une hausse d’au moins 2% par rapport à l’indice constaté lors de l’établissement du SMIC antérieur”. Et comme en 2024, les projections d’inflation gravitent autour des 2,5%, la question n’est pas de savoir si le SMIC sera revalorisé, mais plutôt quand. Pour l’instant, rien qu’entre le mois de novembre 2023, dernier mois de référence pour la revalorisation du Smic, et le mois d’avril 2024, l’inflation hors tabac a grimpé de 1,43%. La barrière des 2% pourrait donc être rapidement atteinte dans les prochains mois et la hausse du Smic actée. Actuellement fixé à 1 766,92 euros brut par mois, le salaire minimum dépasserait alors les 1 800 euros.
LA CHUTE DES PRIX DE L’IMMOBILIER VA S’ACCÉLÉRER EN 2024
C’est une baisse moyenne des prix de 5% à 7% sur l’ensemble de l’année qui est attendue par la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM). Malgré une légère inflexion des taux d'intérêt qui sont passés de 4% en début d’année à 3,5% aujourd’hui, cela ne suffit pas à séduire les acquéreurs de biens. Il faut dire qu’entre 2022 et 2023 les taux ont quadruplé ce qui a réduit le pouvoir d’achat des acquéreurs immobiliers s’est effondré d’environ 25%, à cause du montant des intérêts à rembourser qui a explosé. Cela transparaît directement dans la production de crédits immobiliers par les banques qui a été divisée par 3 en 2 ans passant de 26,6 milliards d’euros à 8,7 milliards d’euros. Ce contexte a aussi anéanti les transactions immobilières. Après avoir atteint 1,1 millions de ventes annuelles en 2022, la FNAIM s’attend à 800 000 en 2024, soit une baisse de près de 30%. Dans ce cadre, depuis 2022, 1 agence immobilière sur 24 a dû fermer ses portes, toujours selon la FNAIM. Même tendance pour les administrateurs de biens où les faillites sont en hausse de 35% sur 1 an. Compte tenu de la gravité de la crise, la fédération anticipe 1 400 liquidations d’entreprises cette année, soit légèrement plus que ce que la profession avait enregistré lors de la crise des subprimes avec un pic historique de 1 385 faillites en juillet 2009 sur un an. Pour la Fnaim, une seule solution pour relancer un marché immobilier atone : la baisse massive des prix de l’immobilier, afin de resolvabiliser les ménages exclus du marché du crédit. Une baisse plus ou moins rapide, selon les décisions futures de la BCE sur la diminution de ses taux directeurs.
L’exploration Éco de la semaine
Les véhicules électriques dans le collimateur de l’UE
La Commission européenne a annoncé, mercredi 12 juin, que les importations de véhicules électriques chinois se verraient dorénavant imposer entre 27 % et 48 % de droits de douane, selon les cas, contre 10 % aujourd’hui. Soit un total de 2 milliards d’euros par an.
Évolution du marché des véhicules électriques en 2024 - T&E
L'annonce par l'UE d'une forte augmentation des droits de douane sur les importations chinoises de véhicules électriques marque un revers majeur dans les efforts du président Xi Jinping pour persuader Bruxelles de ne pas suivre la position de plus en plus dure de Washington en matière commerciale.
Bill Russo, ancien directeur de Chrysler en Chine et fondateur du cabinet de conseil Automobility à Shanghai, a déclaré que les tarifs favoriseraient la localisation de la fabrication de véhicules électriques en Europe et pourraient être positifs pour la concurrence. Cependant, Russo a déclaré que les taux de droits de douane de l'UE ne feraient pas grand-chose pour entraver la croissance des ventes de BYD, le groupe chinois qui rivalise avec Tesla pour le titre de plus grand fabricant mondial de véhicules électriques.
Les analystes de Citi ont estimé que même avec les tarifs douaniers prévus, les opérations d'exportation européennes de BYD pourraient encore réaliser une marge nette de plus de 8% à l'échelle de production actuelle, soit plus rentable que ses activités nationales. “Même si les marques chinoises de véhicules électriques vendent leurs voitures en Europe à un prix 50 % plus élevé que [leurs prix de détail nationaux], elles restent très compétitives”, a déclaré Yale Zhang, directeur général du cabinet de conseil Automotive Foresight, basé à Shanghai.
Les dépenses cumulées de l’État chinois dans le secteur des véhicules électriques se sont élevées à plus de 125 milliards de dollars entre 2009 et 2021, selon les estimations du Center for Strategic and International Studies, un groupe de réflexion américain. Les dépenses industrielles de la Chine étaient de loin les plus élevées parmi les principales économies mondiales. Le soutien de l'État a contribué à faire de la Chine le plus grand producteur mondial de véhicules électriques, de leurs batteries et de presque tous les composants et technologies clés qui sous-tendent les voitures. Un rapport Goldman du mois dernier a révélé qu'à la fin de 2023, les véhicules électriques, les cellules solaires et les batteries lithium-ion représentaient ensemble 4,5 % des exportations chinoises totales, contre 1 % en 2018.
Xi s'est rendu en Europe le mois dernier lors d'un voyage qui, selon les responsables chinois, visait en grande partie à apaiser les tensions croissantes sur le commerce. Mercredi, la Chine a dénoncé les tarifs douaniers prévus par l'UE comme un “protectionnisme flagrant” dépourvu de “base factuelle et juridique”. Pékin n’a pas précisé comment il pourrait riposter. Mais il a déclaré qu'il “prendrait toutes les mesures nécessaires” pour sauvegarder les intérêts de la Chine.
Des experts chinois et des groupes industriels ont suggéré des options allant d'une enquête sur les produits laitiers européens à des droits de douane plus élevés sur les importations de véhicules plus grands et de luxe, selon les médias d'État. En janvier, la Chine a lancé une enquête antidumping sur les importations françaises de cognac , punissant Paris pour avoir soutenu l'enquête sur les véhicules électriques.
Cui Dongshu, secrétaire général de l'Association chinoise des voitures particulières, a déclaré que la décision de l'UE restreindrait l'accès des consommateurs européens aux produits chinois “de haute qualité et à bas prix”. “Il s’agit d’un traitement injuste envers [les entreprises chinoises]”, a déclaré Cui. “Nous pensons que la Chine proposera des contre-mesures contre l’UE.”
Pour l’heure, les experts de la Commission continuent à négocier avec Pékin. « Si les discussions avec les autorités chinoises n’aboutissaient pas à une solution efficace, ces droits compensateurs provisoires seraient introduits à partir du 4 juillet », mais ils « ne seraient perçus que si des droits définitifs sont institués » au plus tard le 2 novembre, a-t-elle précisé. Ce qui laisse donc encore du temps à la négociation.
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