Voici ce que j’ai pour vous cette semaine :
L’UE A LANCÉ DES PROCÉDURES DISCIPLINAIRES CONTRE LA FRANCE ET SIX AUTRES PAYS
Très concrètement, la France ainsi que l'Italie, la Belgique, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et Malte se retrouvent en “déficit public excessif” en ayant dépassé l'an dernier la limite de déficits publics fixée à 3% du produit intérieur brut (PIB) par le Pacte de stabilité de l’UE, qui limite aussi la dette à 60% du PIB. Dans les chiffres, les déficits les plus élevés de l'UE ont été enregistrés l'an dernier en Italie (7,4% du PIB), en Hongrie (6,7%), en Roumanie (6,6%), en France (5,5%) et en Pologne (5,1%). Le Pacte de stabilité prévoit en principe des sanctions financières à hauteur de 0,1% du PIB par an pour les pays qui ne mettront pas en œuvre les corrections imposées, soit près de 2,5 milliards d'euros dans le cas de la France. En réalité, ces punitions, politiquement explosives, n'ont jamais été appliquées. En revanche, les pays ciblés par les mesures disciplinaires devront envoyer d'ici septembre des plans à moyen terme sur la manière de revenir dans les clous. La Commission européenne communiquera ensuite en novembre des évaluations de ces plans avec des détails sur la voie à emprunter pour retrouver la santé budgétaire. En France, où la dette publique atteint 110% du PIB, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a indiqué vouloir économiser 25 milliards d’euros cette année afin de ramener le déficit à 5,1% en 2024. L’UE prévoit plutôt un déficit de 5,3% cette année pour la France et 5% l’année prochaine.
JEUX OLYMPIQUES : COMBIEN GAGNENT LES VAINQUEURS DES ÉPREUVES
Déjà , le vainqueur d’une épreuve ne repart pas avec une médaille composée à 100% d’or. Celle-ci est en réalité composée de 505g d’argent et de 6g plaqué en or, et non totalement en or massif, naturellement pour des raisons économiques. Son prix est donc évalué à 863 euros, contre 436 euros pour la médaille d’argent, qui est composée de 507g d’argent, et de 3,58 euros pour la médaille de bronze. Pour ce qui est de la somme versée à chaque vainqueur d’une épreuve, cela ne dépend pas du Comité international olympique (CIO), qui ne délivre aucune prime, mais de la politique mise en œuvre par les différents gouvernements et fédérations. Pour la France, terre d’accueil des JO 2024, la somme est de 80 000 euros pour les sportifs décrochant l’or, comme Antoine Dupont et l’équipe de France de rugby à 7, la vététiste Pauline Ferrand-Prévot, ou encore le nageur Léon Marchand. Les primes sont de 40 000 euros pour la médaille d’argent et 20 000 euros pour le bronze. Malgré son statut de pays organisateur, la France ne propose cependant pas les primes les plus élevées à ses athlètes. En Europe, l’Italie fait mieux et offre 180 000 euros à ses champions olympiques. Ailleurs dans le monde, certains pays asiatiques font carrément sauter la tirelire, à l’image d’Hongkong et des 700 000 euros de prime offerts aux médaillés d’or. Cerise sur le gâteau, chaque sportif qui fait un podium repart avec un tube en carton qui contient l’édition limitée de l’affiche officielle des JO, sous oublié la Phryge, la mascotte officielle de la compétition qui partira dans chaque valise de médaillés.
L’UE A OFFICIALISÉ UN TRANSFERT DE 1,5 MILLIARDS D’EUROS À L’UKRAINE
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s'est félicitée d’utiliser les actifs russes gelés en Europe pour soutenir l’Ukraine. Elle a déclaré je cite : “Il n'y a pas de meilleur symbole ni de meilleure utilisation de l'argent du Kremlin que de le destiner à faire de l'Ukraine et de toute l'Europe un endroit plus sûr où vivre “. Pour rappel, quelque 200 milliards d'euros d'avoirs russes ont été gelés dans l'UE après l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Les Vingt-Sept avaient trouvé un accord en mai pour utiliser les intérêts produits par ces avoirs gelés de la banque centrale russe. Ils sont censés dégager entre 2,5 et 3 milliards d'euros par an d'intérêts, afin d'aider à armer l'Ukraine et de financer sa reconstruction d'après-guerre. L'argent tiré des intérêts générés par ces fonds gelés (qui eux-mêmes restent bloqués) sera pour 90% versé à la Facilité européenne pour la paix (FEP), un instrument de l'UE pour gérer ses interventions dans les conflits, notamment dans la fourniture d'armes. Les 10% restants soutiendront les besoins de l’Ukraine en matière de reconstruction. La Russie a qualifié cette décision d'« illégale ». Dimitri Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine a déclaré je cite : “C'est bien entendu une raison pour agir de manière réfléchie en réponse à de telles décisions illégales mises en œuvre par l'Union européenne ».
ENTRE RÉCEPTIONS ET DÉPLACEMENTS, LE BUDGET DE L’ÉLYSÉE A FORTEMENT DÉRAPÉ EN 2023
Les dépenses de déplacements et de réceptions ont atteint 21 millions d'euros l'an dernier contre 13,3 millions en 2022, et 9,87 millions en 2021 selon un rapport de la Cour des comptes publié ce mardi. Après la crise sanitaire du Covid et la campagne électorale de 2022, Emmanuel Macron a entrepris plusieurs grands voyages diplomatiques en 2023, en Chine, Océanie, Afrique, au Japon (sommet du G7) en Mongolie, au Bangladesh ainsi qu'en Inde (G20). Côté réceptions, la rénovation des grandes cuisines de l'Élysée a conduit à « recourir plus fréquemment à des prestations de traiteur » en 2023 (1,3 million d'euros au total). Les dîners d'État en l'honneur de Charles III et du Premier ministre indien Narendra Modi, « délocalisés » à Versailles et au Louvre en raison des travaux dans les cuisines, ont ainsi coûté respectivement 475.000 euros et 412.000 euros. Parmi les six événements les plus onéreux à l'Elysée en 2023, trois ont été ouverts au public : l'exposition du « Fabriqué en France » (233.000 euros), la Fête de la musique (210.000 euros) et les journées européennes du patrimoine (208.000 euros). La Cour des comptes a donc invité la Présidence de la République à « poursuivre ses efforts » pour contenir son budget. L’Élysée a réagi en expliquant : La présidence « tiendra compte des remarques de la Cour pour améliorer son organisation et ses dispositifs internes ».
LIVRET A, LEP, PEL : COMBIEN VONT-ILS VOUS RAPPORTER EN 2024 ?
En prenant en compte une inflation annuelle autour des 2,5% comme le projette la Banque de France en 2024, le Livret A affichera de maigres gains pour ses détenteurs. Avec un taux gelé à 3% et à l’encours moyen en France qui s’élève à 7000 euros sur le Livret A, les détenteurs obtiendront un gain réel, donc après avoir déduit l’inflation de 2,5%, de 2,91 euros par mois, soit environ 35 euros sur l’année. Pour ceux qui détiennent un livret A rempli au plafond de 22 950 euros, le gain réel s’élève à 114,75 euros. Pour les détenteurs d’un Livret d’Epargne Populaire (LEP) rempli au plafond de 10 000 euros percevront un gain réel de 210 euros étant donné que le taux de rendement moyen sur l’année du LEP est de 4,6%, ce qui explique la nette différence avec le Livret A malgré un plafond plus élevé. Pour ceux qui ont ouvert un Plan Epargne Logement (PEL) en 2024, mauvaise nouvelle, il vous aura fait perdre de l’argent cette année en prenant en compte l’inflation. Pour un PEL ouvert en 2024, le taux d'intérêt brut du PEL est de 2,25%, sauf que contrairement au Livret A et au LEP, les intérêts générés sont soumis au prélèvement forfaitaire unique PFU, ou flat-tax) de 30%. Ce qui donne un taux net de fiscalité de 1,58% pour le PEL cette année, donc en dessous du niveau d’inflation estimé à 2,5% sur l’année. En 2024, le rendement réel du PEL devrait donc être négatif de -0,92% et donc faire prendre de l’argent à ses titulaires si on prend la variable de l’inflation en compte.
L’exploration Éco de la semaine
Intelligence artificielle : Vers un duopole Chine - USA ?
Les deux écosystèmes d’intelligence artificielle les plus importants au monde sont les États-Unis et la Chine, mais les tensions géopolitiques incitent à considérer ces deux pays comme opposés. L’IA chinoise est décrite à la fois comme étant à la traîne et en avance sur celle des États-Unis. En fait, les deux pays poursuivent des stratégies distinctes.
Certes, cela est en partie dû à la nécessité. Depuis que la start-up américaine OpenAI a lancé le chatbot ChatGPT en novembre 2022, le monde est plongé dans une course effrénée pour construire les grands modèles de langage qui alimentent l’IA générative. La Chine est handicapée dans cette course par deux facteurs : le manque d’accès aux puces américaines avancées et la censure de l’information.
Sans puces avancées, la puissance de calcul de la Chine est limitée. Des entreprises comme OpenAI augmentent la taille de leurs modèles. GPT-4, le dernier modèle phare d'OpenAI, serait entraîné sur plus de 1 000 paramètres. Les entreprises chinoises doivent plutôt se concentrer sur l'efficacité. DeepSeek, basé à Hangzhou, a par exemple publié cette année DeepSeek-V2 , un modèle open source à grand langage qui utilise 21 milliards de paramètres actifs.
Les entreprises chinoises sont également gênées par les données auxquelles elles peuvent accéder. L'introduction de la loi chinoise sur la protection des informations personnelles en 2021 a imposé des normes strictes de protection des données, similaires au règlement général sur la protection des données de l'Union européenne. Ces dernières années, les organismes de réglementation chinois ont déclaré à plusieurs reprises que les données des particuliers et des entreprises devaient être protégées.
Ces contraintes incitent les entreprises chinoises à produire des services d’IA basés sur des modèles linguistiques plus petits et plus volumineux, au lieu de les entraîner sur l’ensemble d’Internet. Elles n’ont peut-être pas la force brute de leurs homologues de plus grande taille, mais elles sont moins chères à créer et à exploiter.
L’écosystème technologique chinois repose sur ce pragmatisme. Les recherches qui ne peuvent pas être transformées en produit dans un avenir proche, comme l’intelligence artificielle générale, ont du mal à attirer des financements. Cela signifie que si l’écosystème américain a l’avantage en matière d’innovations révolutionnaires, la Chine excelle dans l’exécution : trouver l’adéquation produit-marché, l’échelle et rendre les applications très abordables.
L'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a récemment publié un rapport sur le paysage des brevets en matière d'IA générative, qui montre que la Chine a déposé plus de 38 000 demandes entre 2014 et 2023, contre 6 276 aux États-Unis sur la même période. Tencent, Ping An Insurance, Baidu et l'Académie chinoise des sciences sont en tête du peloton. Bien entendu, les brevets ne sont pas synonymes de percées. Alphabet se classe derrière Tencent en termes de titres de brevets en matière d'IA, mais Google DeepMind d'Alphabet a donné au monde AlphaFold, qui pourrait transformer la découverte de médicaments par l'IA.
Mais le volume élevé de brevets chinois pourrait se traduire par davantage de produits. L’un des domaines d’application de l’IA chinoise à surveiller est celui des véhicules électriques. La Chine a passé 26 ans à produire ses 10 premiers millions de véhicules électriques et seulement 17 mois pour produire les 10 millions suivants. Environ la moitié des voitures vendues en Chine cette année devraient être des voitures intelligentes équipées d’une tablette sur roues. Baidu, qui vient de déployer 500 taxis sans conducteur à Wuhan, mène la plus grande expérience de véhicule autonome au monde. Les entreprises ne produiront peut-être jamais d’IA surhumaine, mais une IA « suffisamment bonne » interagissant avec les humains via leurs voitures sera popularisée en Chine avant partout ailleurs.
Le secteur technologique chinois est souvent décrit comme un géant monolithique soutenu par l’ambition de l’État. En réalité, la réglementation et les restrictions géopolitiques lui confèrent un avantage dans certains domaines et peinent à rattraper son retard dans d’autres. L’IA est la technologie la plus transformatrice au monde. La Chine et les États-Unis ont tous deux leur mot à dire. Après tout, les défis les plus profonds auxquels notre espèce est confrontée – de la lutte contre le changement climatique à la guérison du cancer – ne sont pas chinois ou américains mais humains.
Tous Épargnants
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