Au menu : le “miracle” budgétaire portugais, le parcours de Roland Lescure, l'emprunt record de la France, le coût du gel des retraites et l’envolée historique de l’or. En décryptage : mon interview exclusive avec Anthony Bourbon sur la taxe Zucman, la flat tax et l’imposition des holdings.
Autrefois considéré comme l’un des « mauvais élèves » de l’Union européenne, le Portugal affiche aujourd’hui une santé économique exemplaire. En 2025, le pays s’apprête à boucler sa deuxième année consécutive avec un excédent budgétaire, un fait inédit depuis la Révolution des Œillets de 1974. Lisbonne prévoit un excédent public de 0,3 % du PIB en 2025, après +1,2 % en 2024 — un chiffre déjà supérieur aux attentes. Et la tendance devrait se poursuivre : l’excédent atteindrait encore 0,1 % en 2026, confirmant une trajectoire de stabilité financière rare en Europe. Cette rigueur a permis une réduction continue de la dette publique, passée de 93,6 % du PIB en 2024 à 90,2 % attendus en 2025, puis 87,8 % en 2026. Une baisse historique, alors même que la plupart des grandes économies européennes — la France en tête — voient leurs ratios d’endettement s’alourdir. Fort de cette solidité budgétaire, le gouvernement du social-démocrate Luís Montenegro dispose désormais de marges pour relancer le pouvoir d’achat et soutenir les ménages. Les retraites les plus modestes seront significativement revalorisées, tandis que l’impôt sur le revenu sera allégé pour les classes moyennes, après des années d’austérité budgétaire. Le redressement portugais s’explique par une combinaison de rigueur budgétaire, de croissance solide et de recettes fiscales soutenues par un tourisme en plein essor. Lisbonne, Porto et l’Algarve continuent d’attirer des millions de visiteurs, générant des revenus records et stimulant l’emploi. Cette “locomotive du tourisme” agit désormais comme un amortisseur macroéconomique face aux turbulences européennes. En conjuguant discipline budgétaire, relance sociale et attractivité économique, le Portugal s’impose comme le contre-exemple parfait de la spirale déficitaire française. Une leçon de rigueur et de stratégie dont Bruxelles prend soigneusement note.
Proche d’Emmanuel Macron, Roland Lescure a fait son retour à Bercy dans le premier gouvernement Lecornu, avant d’être reconduit dans le second. Âgé de 58 ans et né à Paris, Roland Lescure est issu d’un milieu engagé : son père était journaliste à L’Humanité et sa mère membre de la CGT à la RATP. Son demi-frère n’est autre que Pierre Lescure, ancien PDG de Canal+. Diplômé de l’École polytechnique, de l’ENSAE et de la London School of Economics, il débute sa carrière dans la finance. En 2005, il devient directeur général de Natixis Asset Management, puis directeur général adjoint et responsable des gestions de Groupama. Se réclamant d’un centre gauche « pragmatique », il rejoint le Parti socialiste en 2006, à l’époque de la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la primaire présidentielle. En 2009, il s’expatrie au Canada pour devenir numéro deux de la Caisse de dépôt et placement du Québec, où il acquiert la nationalité canadienne et perçoit un salaire d’environ un million d’euros. Son entrée dans la sphère macroniste date de 2017, lorsqu’il est élu député des Français d’Amérique du Nord et prend la présidence de la commission des Affaires économiques. En juillet 2022, il intègre le gouvernement d’Élisabeth Borne comme ministre délégué chargé de l’Industrie, avant de voir son portefeuille élargi à l’Énergie sous Gabriel Attal. En 2024, il devient vice-président de l’Assemblée nationale, puis, le 12 octobre 2025, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Sur le plan des idées, Roland Lescure s’est illustré par plusieurs positions fortes : il a qualifié l’accord commercial UE–États-Unis sur les tarifs douaniers « d’aveu de faiblesse historique », s’est opposé à la taxe Zucman sur le capital, et s’est déclaré favorable à la légalisation du cannabis. Financier aguerri et homme politique expérimenté, il incarne aujourd’hui la continuité économique du macronisme, entre rigueur budgétaire, attractivité industrielle et diplomatie économique.
L’Agence France Trésor (AFT) a confirmé que la France lèvera 310 milliards d’euros sur les marchés en 2026, un montant jamais atteint. Après un record déjà établi à 300 milliards en 2025, l’État augmente encore son recours à la dette de 10 milliards, dans un contexte politique et budgétaire toujours incertain. Ces 310 milliards serviront à la fois à financer le déficit public et à rembourser les emprunts arrivant à échéance. Sur ce total, 175,8 milliards d’euros seront consacrés au remboursement de la dette à moyen et long terme, contre 168 milliards l’an dernier. Le besoin global de financement atteindra ainsi 305,7 milliards, soit 8 milliards de plus que l’an passé. En proportion du PIB, cette dette représente 10,1 %, un ratio stable mais toujours très élevé. La dette publique française frôle désormais les 3 400 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB — un “Himalaya”, pour reprendre les mots de l’ancien Premier ministre François Bayrou. Le projet de loi de finances pour 2026 fixe un objectif de déficit public à 4,7 % du PIB, mais Sébastien Lecornu a reconnu qu’il pourrait grimper jusqu’à 5 %, en raison des difficultés à faire adopter un budget d’austérité sans majorité solide. La charge des intérêts de la dette explose : elle atteindra 59,3 milliards d’euros en 2026, contre 52 milliards en 2025, selon l’AFT. Ce chiffre ne prend même pas en compte les dettes des collectivités locales ni celles de la Sécurité sociale. Les marchés et les agences de notation surveillent la situation de près. Après la dégradation opérée par Fitch, c’est au tour de Moody’s de se prononcer le 24 octobre. Une nouvelle baisse de la note française alourdirait encore le coût de l’emprunt, risquant d’alimenter une spirale de dette difficile à maîtriser.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé la suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu’à la présidentielle. L’âge de départ reste donc fixé à 62 ans et 9 mois, pour une durée de cotisation de 170 trimestres. Mais cette pause politique a un coût considérable : selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), même avec la réforme, le système resterait déficitaire à hauteur de 15 milliards d’euros en 2035 et 30 milliards en 2045, soit près de 75 milliards de déficit cumulé d’ici 2030. Sans la réforme, la facture pourrait grimper d’environ 25 milliards supplémentaires. Un choix politiquement payant, mais budgétairement risqué. Roland Lescure a averti que suspendre la réforme coûterait “des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027”. Le COR estime que le blocage simultané de l’âge de départ et de la durée de cotisation priverait le système de près de 6 milliards d’euros et les finances publiques de 16,5 milliards d’ici 2035. En euros courants, la facture réelle pourrait être bien plus lourde. Pour compenser ce renoncement, une hausse des cotisations vieillesse serait inévitable. Chaque point supplémentaire rapporte environ 7 milliards d’euros, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale — soit 400 euros de prélèvements additionnels par salarié et par an. Une mesure qui pèserait lourdement sur le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises, en pleine période de réindustrialisation. Autre option évoquée : un gel partiel ou prolongé des pensions jusqu’en 2029, équivalant à quatre années de désindexation pour compenser le manque à gagner. Une solution jugée “techniquement viable” par certains économistes, mais politiquement explosive, tant elle rognerait le pouvoir d’achat des retraités. En somme, la suspension de la réforme apaise les tensions sociales à court terme, mais creuse encore davantage le déséquilibre structurel du système de retraites et fragilise un peu plus les finances publiques françaises.
L’or poursuit une ascension spectaculaire. Mercredi, le métal jaune a franchi pour la première fois la barre symbolique des 4 200 dollars l’once, atteignant un record historique à 4 217,95 dollars. En hausse de plus de 60 % depuis le début de l’année, il profite d’un environnement explosif mêlant anticipation de baisses de taux, tensions géopolitiques et achats massifs des banques centrales. « Le métal est lancé et ne semble pas vouloir s’arrêter. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, rallumées ces derniers jours, renforcent encore la demande de couverture », observe Fawad Razaqzada, analyste chez City Index. Selon lui, les investisseurs diversifient leurs portefeuilles en se tournant vers l’or, considéré comme la meilleure couverture face à la volatilité boursière. Il estime même que le seuil des 5 000 dollars l’once, désormais à portée de main, n’est plus une hypothèse irréaliste. Une éventuelle correction à court terme, prévient-il, « ne ferait que purger le marché et créer de nouveaux points d’entrée pour les acheteurs ». La Réserve fédérale américaine a, de son côté, renforcé ce mouvement. Mardi, Jerome Powell a adopté un ton plus accommodant, évoquant un marché du travail « englué dans une phase de faible embauche et faible licenciement ». Conséquence immédiate : le dollar recule et les marchés anticipent désormais à 98 % une première baisse de 25 points de base en octobre, suivie d’une seconde en décembre, déjà pleinement intégrée dans les prix. Sur le plan géopolitique, la montée des tensions entre Washington et Pékin continue d’alimenter la demande d’actifs refuges. Donald Trump a évoqué une possible réduction des liens commerciaux après une série de surtaxes réciproques. À cela s’ajoute le shutdown du gouvernement américain, qui paralyse la publication des statistiques économiques et accentue l’incertitude des investisseurs. Dans ce contexte de taux attendus en baisse, de tensions persistantes et de visibilité économique brouillée, l’or confirme plus que jamais son statut de valeur refuge universelle.
Faites-vous partie des 70 % de français déçus de leur banque privée ? Ramify, c’est la banque privée en version simple et en ligne : un conseiller qui vous écoute, une techno qui vous aide à faire les bons choix, des placements variés, et des frais clairs pensés pour vous.
Pourquoi Ramify ?
Un vrai contact humain avec des explications claires et des frais lisibles, une méthode simple (diversifier pour réduire les à-coups sans brider le potentiel), un large choix d’investissements selon votre profil (actions, obligations, immobilier, private equity, dette privée, crypto, art) et un acteur reconnu par plus de 30 distinctions depuis 2022. En 2024, certains portefeuilles dynamiques ont fait jusqu’à +27% nets.
Faire une simulation : En quelques minutes, évaluez votre profil et vos objectifs, recevez une allocation personnalisée et évolutive, puis accédez—si vous êtes éligible—à des classes d’actifs habituellement réservées aux institutionnels en passant par le lien ci-dessous.
Profiter de l’offre des 500 € de frais de gestion offerts.
Mais attention : Investir comporte des risques. Faites vos propres recherches avant d'investir. Performances non garanties, variables selon votre profil, les frais et les marchés.
Face à un déficit public persistant et à une opinion publique sensible aux inégalités, plusieurs mesures fiscales ciblant les plus fortunés ont récemment émergé dans le débat français. Parmi elles, la « taxe Zucman », un impôt annuel de 2% sur les patrimoines dépassant 100 millions d’euros, a fait grand bruit. De même, le gouvernement envisage de relever la flat tax (ou prélèvement forfaitaire unique) sur les revenus du capital, aujourd’hui fixée à 30%. Enfin, le régime d’imposition des holdings – notamment le régime « mère-fille » qui permet aux grandes fortunes de limiter leur fiscalité en empilant des sociétés – se retrouve dans le collimateur de certains élus, notamment du gouvernement Lecornu II. Ces propositions se veulent des réponses à un impératif de justice fiscale et de redressement budgétaire, mais elles suscitent de vives critiques du côté des entrepreneurs et investisseurs, qui y voient un risque pour l’économie.
Anthony Bourbon, entrepreneur à succès et fondateur du club d’investissement Blast, fait partie de ces voix critiques. Ancien enfant défavorisé devenu chef d’entreprise, il porte un regard singulier sur ces mesures. À la fois pédagogique et tranché, il dénonce des taxes « injustes » ou « absurdes » et plaide pour une réforme de fond du système fiscal français, fondée sur la maîtrise des dépenses publiques et le soutien à ceux qui créent de la richesse. Qu’impliquent exactement la taxe Zucman, la flat tax ou la taxation des holdings ? Pourquoi divisent-elles autant ? Voici un tour d’horizon clair de ces dispositifs, assorti des explications et critiques d’Anthony Bourbon pour éclairer le débat fiscal contemporain.
Origine et principe. La « taxe Zucman » tire son nom de l’économiste français Gabriel Zucman, spécialiste des inégalités et de l’évasion fiscale. Soutenu par une partie de la gauche, il propose de mettre à contribution les ultra-riches via un impôt annuel minimal de 2% sur les patrimoines nets supérieurs à 100 millions d’euros. En pratique, cela concernerait environ 1 800 personnes en France – les plus grandes fortunes du pays. L’idée est d’instaurer un plancher de taxation : tout ménage dont la fortune excède 100 millions devrait acquitter au moins l’équivalent de 2% de cette fortune chaque année (en additionnant tous ses impôts existants, et en payant un complément le cas échéant). Les promoteurs de la mesure y voient « une mesure de justice fiscale » pour corriger un système où, selon Zucman, « les milliardaires paient proportionnellement deux fois moins d’impôts que le Français moyen ». En effet, la richesse totale des 500 Français les plus fortunés a explosé ces dernières décennies (elle a crû trois fois plus vite que le PIB selon le magazine Challenges), tandis que les plus riches optimisent leur fiscalité via des holdings et ne versent en moyenne qu’environ 0,3% de la valeur de leur patrimoine en impôts chaque année. Dans un contexte de dette publique record, la taxe Zucman promettrait ainsi de « faire payer les ultra-riches » pour renflouer les caisses de l’État. Les estimations de rendement vont de 5 à 25 milliards d’euros par an – un montant non négligeable, bien que variable selon les hypothèses de comportements des contribuables visés.
Fonctionnement et écueils. Techniquement, cette taxe frapperait l’ensemble du patrimoine d’un individu (biens immobiliers, financiers, parts d’entreprise, etc.), y compris son patrimoine professionnel. C’est là que le bât blesse selon ses détracteurs, car une grande part de ces fortunes se compose d’actifs illiquides – par exemple des actions d’une entreprise familiale non cotée, dont la valeur « sur le papier » peut être élevée sans que le propriétaire ait des liquidités correspondantes. Or, un impôt de 2% annuel obligerait potentiellement ces personnes à vendre des parts de leurs entreprises chaque année pour payer la taxe. Cela reviendrait à taxer des gains non réalisés, ce qui est inédit. « On va te taxer pour de l’argent que tu n’as pas encore touché » s’indigne Anthony Bourbon à propos de la taxe Zucman. Il illustre le problème par son propre vécu d’entrepreneur : à une époque, sa start-up avait une valorisation estimée à près de 100 millions d’euros sur le marché, ce qui l’aurait fait entrer dans le champ de la taxe. « Si la taxe Zucman avait existé, j’aurais dû payer 2 % de ces 100 millions, soit 2 millions d’euros par an… sauf que je ne les avais pas en caisse » explique-t-il. Il aurait donc dû s’endetter ou céder des actions simplement pour payer l’impôt. Pire, la valeur de sa société a depuis baissé : il aurait versé des millions « à fonds perdus » à l’État pour une richesse virtuelle envolée. « C’est complètement absurde », tranche-t-il.
Critiques et risque d’exil fiscal. Outre son injustice perçue sur les actifs illiquides, la taxe Zucman fait craindre un exil des grandes fortunes. Ses détracteurs rappellent que la France a supprimé son ancien impôt sur la fortune (ISF) en 2017 en partie pour enrayer les départs de contribuables fortunés. Un retour d’une taxation patrimoniale aussi ambitieuse pourrait inciter les plus riches à déménager sous des cieux fiscaux plus cléments. Anthony Bourbon fait partie de ceux qui brandissent cet avertissement. Derrière l’humour, le message est clair : au-delà d’un certain seuil de pression fiscale, les acteurs économiques mobiles (grands entrepreneurs, investisseurs) finiront par quitter la France. « Les businessmen… ne vont pas [dépenser leur argent] n’importe comment, surtout quand il est mal utilisé… Ils vont se barrer », prévient Bourbon, qui souligne qu’avec le numérique « aujourd’hui, la richesse est digitale… tu pars du jour au lendemain, tout le monde travaille en visio… Que je choisisse Paris ou Dubaï, ça ne me change rien ». Il réfute ainsi l’argument historique selon lequel « les riches ne partent pas vraiment » : si autrefois les grandes fortunes étaient surtout investies en usines ou immeubles difficilement délocalisables, désormais elles peuvent s’en aller avec leurs start-ups, leurs crypto-monnaies ou leur capital humain hautement qualifié.
« Opposer riches et pauvres, un faux débat ». Pour Anthony Bourbon, focaliser le débat politique sur cette « taxe super-riches » relève enfin de la fausse solution. Il déplore une tendance à « opposer les riches et les pauvres, la droite et la gauche, pour que tout le monde s’écharpe et [qu’]on oublie le vrai problème ». Et ce vrai problème, selon lui, c’est avant tout la mauvaise gestion de l’argent public. « Le problème, c’est pas de taxer plus ou de trouver de l’argent neuf, c’est d’économiser celui qu’on a déjà » martèle-t-il. Le jeune chef d’entreprise s’étonne que l’on cherche de nouvelles recettes fiscales alors que « la France dépense 600 milliards par an et n’en gagne que 500… La première chose à faire, c’est d’équilibrer et donc de dépenser moins ». Il cite pêle-mêle les gabegies qu’il observe : budgets pléthoriques de certaines administrations et institutions, train de vie des responsables politiques, inefficacités diverses. À ses yeux, la priorité devrait être de tailler dans ces dépenses avant de solliciter davantage les contribuables. « Ce qui manque à la politique aujourd’hui, c’est pas de taxer plus, c’est de faire des économies », assène Anthony Bourbon. En somme, la taxe Zucman serait à la fois injuste dans son principe et contre-productive dans ses effets, détournant l’attention des réformes structurelles nécessaires.
Définition et fonctionnement. La flat tax – officiellement prélèvement forfaitaire unique (PFU) – est un impôt proportionnel forfaitaire de 30% sur les revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values mobilières, etc.), en vigueur en France depuis 2018. Mis en place au début du quinquennat Macron, ce taux unique de 30% se décompose en 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. L’objectif affiché était double : simplifier la fiscalité de l’épargne, auparavant soumise au barème progressif peu lisible, et rendre la France plus attractive pour les investisseurs en allégeant la taxation du capital, jugée excessive. Concrètement, depuis 2018, par défaut vos intérêts de livret bancaire, vos dividendes d’actions ou vos gains boursiers sont imposés à 30%, quel que soit votre niveau de revenu. Cette flat tax se veut plus lisible et compétitive (par comparaison, un contribuable riche payait auparavant jusqu’à 60% d’impôts sur certains revenus financiers en cumulant IR et prélèvements sociaux). Les petits épargnants y trouvent aussi leur compte en simplicité, même s’ils conservent la possibilité d’opter pour le barème progressif classique si celui-ci leur est plus favorable (notamment pour ceux faiblement imposés).
Débat sur son efficacité. Près de cinq ans après son instauration, le bilan de la flat tax fait débat. Ses partisans soulignent qu’elle a contribué à un climat plus propice à l’investissement en France, en stabilisant la fiscalité du capital. Le volume de placements en actions et le financement des entreprises innovantes auraient bénéficié de cette fiscalité plus incitative, selon eux. En revanche, ses détracteurs estiment que la flat tax a avant tout constitué un cadeau aux plus aisés, creusant des manques à gagner pour l’État sans effet macroéconomique évident. Ils pointent que la France, malgré cette mesure, n’a pas connu de boom spectaculaire de l’investissement domestique, et que l’épargne des ménages reste majoritairement placée sur des livrets ou assurances-vie peu risqués. Dans un contexte de finances publiques tendues, la tentation est forte de revenir partiellement sur ce dispositif emblématique du « macronisme ».
Projet de hausse à 35-36% : les petits épargnants aussi touchés. Ainsi, en 2025, le gouvernement a ouvertement évoqué l’idée d’augmenter le taux de la flat tax. Le scénario discuté serait de passer de 30% à 33%, voire 36% d’imposition sur les revenus du capital Cette hausse de 6 points – qui porterait la flat tax à 36% – permettrait théoriquement de dégager environ 1,4 milliard d’euros de recettes publiques supplémentaires par an. Chaque point de PFU en plus rapporterait en effet environ 240 millions d’euros au Trésor. L’enjeu est clair : contribuer au resserrement du déficit sans (en apparence) augmenter les impôts sur le travail. Toutefois, une telle mesure aurait un impact bien plus large que la taxe Zucman évoquée plus haut : elle toucherait l’ensemble des épargnants, y compris les classes moyennes. En effet, sont concernés non seulement les gros actionnaires ou rentiers, mais aussi les produits d’épargne populaire (intérêts des livrets d’épargne, gains des assurances-vie, Plan Épargne Actions, etc., du moins au-delà des exonérations existantes). Autrement dit, « ça toucherait tout le monde, même les petits épargnants », comme le souligne Anthony Bourbon. Concrètement, une hausse à 36% rognerait le rendement net de nombreux placements utilisés par Monsieur et Madame Tout-le-Monde pour préparer leurs projets ou leur retraite. Par exemple, les intérêts de votre assurance-vie ou de votre PEL, aujourd’hui imposés à 30%, le seraient demain à 36%.
Cette perspective suscite de vives tensions au sein même de la majorité présidentielle. Certains y sont favorables au nom des impératifs budgétaires et d’une participation accrue des détenteurs de capital aisés, d’autres craignent de « rompre un symbole fort du quinquennat » et de déstabiliser la confiance des épargnants. Les milieux économiques, de leur côté, mettent en garde contre un choc fiscal nuisible à l’investissement et à l’attractivité du pays. Il faut dire que la flat tax avait apporté une visibilité appréciée des investisseurs : y toucher, c’est remettre en cause un pilier de la politique économique de ces dernières années. Le gouvernement hésite donc, conscient qu’il s’agit d’un équilibre délicat entre nécessité financière et signal envoyé aux acteurs économiques.
L’avis d’Anthony Bourbon : « stop » à la surenchère fiscale. Sur ce sujet, Anthony Bourbon se montre résolument opposé à tout alourdissement. À ses yeux, la France a déjà atteint un seuil critique en matière de pression fiscale globale. « Honnêtement, on a atteint le sommet de ce qu’on pouvait accepter en taxes en France : au-delà, les gens vont avoir une indigestion et partir », avertit-il sans ambages. Autrement dit, augmenter la flat tax de quelques points pourrait être la goutte d’eau de trop pour des milliers d’investisseurs et entrepreneurs qui, jusque-là, supportaient le cadre français. Bourbon rappelle que des alternatives attractives existent désormais un peu partout : « la qualité de vie est meilleure maintenant ailleurs… Tu as la Grèce à 5%, l’Italie, le Portugal, l’Espagne, la Géorgie, Dubaï… tu as le choix en fonction de ce que tu préfères », énumère-t-il en référence aux régimes fiscaux avantageux offerts par ces pays. Il souligne ainsi que la concurrence fiscale est une réalité : si la France alourdit encore la barque, elle risque de voir s’échapper capitaux et talents vers ces destinations.
Surtout, Bourbon insiste sur le fait qu’on cherche là de l’« argent frais » un peu trop facilement, alors même que « les prélèvements obligatoires en France sont déjà parmi les plus élevés du monde ». Plutôt que d’augmenter un impôt qui touche massivement les épargnants, il préconise de s’attaquer aux dépenses publiques excessives. « Imagines-tu, dit-il en substance, si on réduisait nos dépenses de 10 000 € par Français, on obtiendrait le même effet qu’en augmentant les impôts de 10 000 € par tête. Il faut regarder où part l’argent au lieu de ponctionner davantage ». À la question de savoir ce qu’il ferait s’il était aux commandes, Anthony Bourbon répond sans hésiter : « Ce serait de regarder dans les dépenses publiques », citant par exemple la rationalisation du train de vie de l’État ou la réforme de systèmes coûteux comme les retraites. Inciter à la croissance plutôt que taxer, tel est son credo. « Je pousserais les jeunes à entreprendre en mettant des dispositifs fiscaux super intéressants », explique-t-il – c’est-à-dire encourager l’investissement, la création de start-up, par des avantages fiscaux, plutôt que de décourager l’initiative privée. Pour Bourbon, la France ne manque pas de richesses, elle manque de mesures pour les faire fructifier sur le sol national. Augmenter la flat tax irait, selon lui, à l’encontre de cet objectif en pénalisant l’épargne investie et en brouillant le message pro-entrepreneurial envoyé aux jeunes générations.
Comprendre le régime mère-fille. Moins connue du grand public, la question de l’imposition des holdings est pourtant centrale dans le débat fiscal actuel. Une holding est une société qui en détient d’autres (des filiales) dans le but de regrouper des participations financières. C’est un outil largement utilisé par les grandes familles fortunées et les entrepreneurs, car il offre des avantages fiscaux considérables. Le principal mécanisme en jeu est le fameux régime « mère-fille ». Instauré pour éviter la double imposition des bénéfices, ce régime permet qu’une société mère recevant des dividendes de ses filiales ne soit quasiment pas imposée dessus : 95% des dividendes remontant d’une filiale sont exonérés d’impôt sur les sociétés (IS) En pratique, seule une quote-part de 5% du dividende est réintégrée dans le bénéfice imposable de la holding, à titre de frais et charges. Cela revient à ne payer qu’un impôt symbolique sur ces flux financiers intra-groupes (par exemple, avec un IS à 25%, taxer 5% du dividende équivaut à un taux effectif d’environ 1,25% sur le montant distribué). Autrement dit, les profits peuvent s’accumuler au niveau d’une holding presque sans frottement fiscal. Tant que l’argent reste dans la structure (et n’est pas versé en salaire ou dividende au bénéficiaire ultime), il échappe en grande partie à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.
Ce régime mère-fille, tout à fait légal, explique en partie comment les milliardaires français peuvent minimiser leurs impôts sans s’exiler. Plutôt que de toucher directement des revenus taxés au taux marginal, ils laissent les gains dans leurs sociétés, qui ne paient presque pas d’impôt dessus, puis réinvestissent ces sommes dans d’autres projets.. Le revers de la médaille, du point de vue de l’État, c’est que d’énormes masses d’argent échappent durablement à l’impôt grâce à ce montage pourtant courant. On parle de « niche fiscale » ou « d’optimisation » plus que de fraude : tout est conforme aux lois, mais l’esprit de justice fiscale en souffre. D’après le député centriste Charles de Courson, fervent opposant à la taxe Zucman, ce mécanisme a permis à des centaines de milliards d’euros de s’accumuler hors d’atteinte du fisc. Il plaide pour qu’on « réforme [le régime mère-fille] plutôt que d’adopter la taxe Zucman », estimant que « ce qu’il faut, c’est lutter contre l’optimisation fiscale », alors que « la taxe Zucman ne répond absolument pas à ce problème » Concrètement, réformer le régime mère-fille signifierait alourdir l’imposition des holdings : par exemple, en augmentant la quote-part taxable (passer de 5% à 10% ou plus), ou en limitant certaines conditions d’exonération. Cela rendrait moins intéressant le fait de tout garder en holding, et forcerait davantage de bénéfices à remonter vers les propriétaires sous forme taxable. Une telle réforme pourrait potentiellement rapporter gros à l’État, en ciblant précisément ces revenus aujourd’hui très peu taxés des grandes fortunes.
Le projet à l’étude et ses limites. À l’automne 2025, dans la foulée de la mise au placard (temporaire) de la taxe Zucman, l’exécutif a laissé entendre qu’il pourrait effectivement s’attaquer à cette optimisation via les holdings. L’augmentation de l’impôt sur les holdings – présentée comme une « taxation du patrimoine financier » des ultra-riches – est ainsi avancée comme une alternative plus réaliste politiquement que la taxe Zucman, pour faire contribuer les hauts patrimoines. Pour le gouvernement, ce serait une manière de répondre à une certaine attente d’« équité » sans taxer directement l’outil de travail des entrepreneurs (la taxation porterait alors sur les avoirs financiers logés en holding, considérés comme plus liquides, plutôt que sur les usines ou entreprises en tant que telles). Toutefois, les milieux d’affaires émettent des réserves : ils rappellent que le régime mère-fille n’est pas qu’un artifice des milliardaires, c’est aussi un pilier du financement des groupes de toutes tailles. Y toucher pourrait handicaper l’investissement productif, en renchérissant le coût fiscal de la distribution de dividendes à l’intérieur d’un groupe. Par exemple, une PME en croissance qui fait remonter les bénéfices de ses filiales pour les réinjecter ailleurs verrait son efficacité fiscale réduite. Le risque serait alors de pénaliser la compétitivité des entreprises françaises vis-à-vis de leurs concurrentes étrangères, ou d’encourager la relocalisation des holdings vers des pays voisins à fiscalité plus douce sur les sociétés. Le débat est donc technique et délicat : comment empêcher les ultras-riches de « jouer à cache-cache avec le fisc » via des montages sophistiqués, sans nuire à l’écosystème entrepreneurial ?
Bourbon : “gardez-nous la main intacte !” Anthony Bourbon, en tant qu’entrepreneur-investisseur, suit de près ce débat et s’alarme de toute surréglementation fiscale en la matière. S’il reconnaît que cette option « c’est toujours mieux que la taxe Zucman » – qu’il juge, on l’a vu, totalement aberrante – il refuse l’idée qu’il faille trancher entre deux maux. « Zucman est tellement absurde, c’est comme si on te disait : on va te couper un bras. Augmenter l’impôt sur les holdings, c’est : on va te couper un doigt… Je préfère garder ma main intacte », image-t-il pour exprimer son opposition à tout nouveau prélèvement. Selon lui, toute solution de taxation supplémentaire est une erreur dans le contexte actuel. Là encore, Bourbon revient à son argument clef : on ne peut pas impunément ponctionner l’argent qui est en train d’être investi et créateur d’activité. « Moi, tout mon argent, je le réinvestis… Donc tout ce que l’État me prend, c’est de l’argent que je n’injecte pas dans l’économie active », explique-t-il. Autrement dit, les fonds laissés dans ses holdings ne dorment pas : ils servent à financer des start-up, à embaucher, à innover. Les taxer davantage, c’est diminuer d’autant la capacité de ces capitaux à irriguer l’économie réelle. Bourbon se dit convaincu qu’en encourageant plutôt ces réinvestissements, on récoltera à terme bien plus de croissance – et même de recettes fiscales indirectes – que par une taxation à courte vue.
Pour l’entrepreneur, le signal envoyé par un durcissement fiscal sur les holdings serait désastreux : « on devrait valoriser les riches qui investissent et qui travaillent, plutôt que les faire fuir », plaide-t-il. À ses yeux, la France devrait au contraire faciliter la vie de ceux qui entreprennent, plutôt que de multiplier les mesures perçues comme de la défiance ou de la sanction. Il rejoint en cela l’idée d’une fiscalité « méritocratique », qui distinguerait entre « le riche qui bosse et le riche qui ne fout rien ». « J’en ai autour de moi », raconte Bourbon. « Il y a celui qui a hérité, qui n’a jamais travaillé et qui dilapide sa rente, et celui qui a créé cinq ou six boîtes et embauché des centaines de personnes. C’est très différent ». Or, les mesures comme la taxe sur les holdings risquent d’affecter tout le monde indistinctement. Lui milite pour qu’on épargne au maximum ceux qui créent de la valeur et des emplois, même s’il faut pour cela complexifier un peu le système fiscal pour adapter les barèmes. Cette vision soulève des défis pratiques (comment mesurer le “mérite” ou la contribution de telle fortune à l’économie ?), mais elle a le mérite de poser le débat en des termes moins idéologiques : qui taxer plutôt que combien taxer.
Les polémiques autour de la taxe Zucman, de la flat tax ou de l’imposition des holdings traduisent une frustration partagée sur l’état du modèle fiscal français, mais proposent des remèdes radicalement différents. D’un côté, ceux qui appellent à plus de solidarité fiscale estiment qu’il est normal, face à la crise des finances publiques et aux inégalités croissantes, de faire contribuer davantage les plus riches – que ce soit via un impôt sur la fortune version Zucman, un alignement à la hausse de la fiscalité de l’épargne, ou la fermeture de niches comme le régime mère-fille. En face, des voix comme celle d’Anthony Bourbon alertent sur le risque de tuer la poule aux œufs d’or : à force de vouloir trop taxer le capital et la réussite, la France ferait fuir ses entrepreneurs, ses investisseurs et ses forces vives, pour un bénéfice budgétaire incertain.
Bourbon, lui, en appelle à une révolution culturelle et politique en matière de fiscalité. Ancien jeune en situation précaire devenu millionnaire self-made, il incarne une forme de « rêve français » qu’il voudrait voir accessible à tous. Il comprend la colère de ceux qui peinent à boucler les fins de mois et trouvent indécent l’enrichissement d’une élite – « je comprends la frustration des pauvres… c’est insupportable de se sentir condamné à sa classe sociale », confie-t-il – mais il est convaincu que la solution passe par la méritocratie et l’espoir, plutôt que par la punition aveugle de la richesse. « J’essaie d’envoyer un message aux jeunes en leur disant : vous aussi, vous pourrez l’être un jour [riches] », déclare Anthony Bourbon, « et pour cela il faut favoriser l’entrepreneuriat, l’innovation, comme c’est le cas aux États-Unis ». Il suggère de récompenser l’initiative : par exemple, alléger fortement l’impôt pour un créateur d’entreprise qui réinvestit ses profits, quitte à compenser par une taxation plus forte des fortunes purement héritées ou oisives. Il insiste également sur l’efficacité de la dépense publique : chaque euro économisé sur le train de vie de l’État, dit-il, est un euro qui peut rester dans la poche des citoyens ou être investi utilement ailleurs.
Ce discours tranche avec une certaine tradition française de méfiance envers l’enrichissement individuel, mais il rejoint des préoccupations grandissantes chez de nombreux entrepreneurs et économistes. Faut-il réformer en profondeur le système fiscal français pour le rendre à la fois plus juste et plus incitatif à la croissance ? Comment mieux distinguer la rente improductive de la richesse créatrice ? Le débat est ouvert. En attendant, les projets comme la taxe Zucman ou la hausse de la flat tax demeurent en suspens, symptôme d’une hésitation nationale sur la voie à suivre. Taxer plus les riches, au risque de ralentir l’économie, ou dépenser mieux et libérer les énergies, au risque de bousculer l’ordre établi ?
Anthony Bourbon, lui, a fait son choix. « Je ne crois plus aux politiques, ni de droite ni de gauche. Je pense que c’est le peuple qui doit reprendre le pouvoir », affirme-t-il, appelant de ses vœux un sursaut collectif. En attendant une éventuelle révolution fiscale, son témoignage apporte un éclairage sans concession sur l’autre face du débat : celle qui prône la responsabilité budgétaire et la confiance en ceux qui entreprennent. Accessible et pédagogique, le débat fiscal français contemporain gagne à confronter ces points de vue pour, peut-être, inventer un nouveau modèle alliant mérite et solidarité.
Actualités boursières et financières - Zonebourse : Naviguez sur la meilleure plateforme d’analyse financière et boursière : Abonnez-vous dès maintenant
Banque - Trade Republic : Trade Republic est la plateforme d'épargne en ligne avec plus de 8 millions de clients en Europe qui vous permet de le faire à partir de 1€. Recevez 2% d'intérêts sur vos espèces et 1% de Saveback sur vos dépenses. Obtenez 10€ offerts en ETF en passant par ce lien : Ouvrir un compte
Banque - Code Promo BoursoBank : Ouvrez un compte BoursoBank et gagnez jusqu'à 150 € à l'ouverture en vous faisant parrainer : Ouvrir un compte
Crowdfunding immobilier - Code Promo La Première Brique : Bénéficiez de 1% de rendement supplémentaire sur votre 1er investissement : Ouvrir un compte
Communication à caractère promotionnel